Libye : à Sabratha, migrants et réfugiés sont confrontés aux violences des combats et de la détention arbitraire (HCR)

En Libye, des dizaines de migrants dorment côte à côte à l’étroit dans une cellule du centre de détention Tariq al-Sikka à Tripoli. Photo: HCR / Iason Foounten

13 octobre 2017 – Les équipes de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'activent depuis une semaine à répondre aux besoins humanitaires de milliers de personnes en détresse dans et autour de la ville côtière libyenne de Sabratha.

Située à 80 kilomètres à l'ouest de la capitale Tripoli, Sabratha a été le théâtre de violents combats ces trois dernières semaines entre groupes armés et milices rivales.

« Les affrontements ont causé le déplacement de plus de 3.000 familles libyennes et plus de 10.000 réfugiés et migrants sont bloqués (dans cette ville) et ont besoin d'une assistance d'urgence », a déclaré vendredi un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse à Genève.

La Libye est aujourd'hui la principale porte de sortie des migrants africains tentant de gagner l'Europe en traversant la Méditerranée. Mais nombreux sont ceux qui sont détenus dans le pays dans de terribles conditions.

A Sabratha, les organismes humanitaires onusiens ont pu constater les dommages causés par les combats. Plus de 500 maisons ont été endommagées ou détruites par des tirs de mortiers et des bombardements, sans oublier de nombreuses écoles endommagées par les combats, a indiqué M. Mahecic

Les travailleurs humanitaires sur place témoignent de conditions de vie très difficile pour ces réfugiés.

Les autorités libyennes ont pris le contrôle de plusieurs centres de détention illicites précédemment tenus par un réseau criminel impliqué dans la traite d'êtres humains et le trafic de migrants. Des milliers de réfugiés et migrants y étaient retenus captifs dans des conditions extrêmement difficiles. Ces derniers ont été ainsi retrouvés dans des cachettes et entassés dans un entrepôt ou les conditions de vie étaient intenables.

Dans ces conditions, les autorités libyennes ont donc commencé à les transférer vers des centres officiels de détention. Environ 4.500 personnes, dont des femmes et des enfants réfugiés, ont déjà été acheminées vers un hangar situé dans la zone de Dahman. Ces derniers jours, des centaines de personnes ont été transférées de Dahman vers différents centres de détention à Tripoli et aux alentours.

Les besoins les plus pressants pour tous ces réfugiés et migrants restent de leur fournir les premiers soins psychologiques, des soins médicaux d'urgence, des vivres, de l'eau, et des produits de base essentiels. Ils ont également besoin d'abris, de nombreux enfants et personnes vulnérables dormant en plein air.

Les équipes du HCR ont également identifié des personnes souffrant de blessures, de déshydratation, de gale, d'asthme, de diarrhée et de traumatismes graves en raison des événements survenus ces derniers jours. Des enfants non accompagnés et séparés ont également été identifiés et certains d'entre eux ont même signalé avoir perdu leurs parents tout récemment.


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