A Genève, Etats membres et experts débattent de l'apport démographique et économique des migrations

Un employé de l’OIM assiste des migrants somaliens et éthiopiens. Photo OIM

12 octobre 2017 – Les Etats membres des Nations Unies ont entamé jeudi à Genève la sixième session thématique des discussions sur le futur Pacte mondial sur les migrations. Pendant deux jours, délégués et experts examineront la question de la mobilité de la main d'œuvre des migrants.

Les conséquences des migrations irrégulières et régulières, les enjeux d'un travail décent et la reconnaissance des compétences et des qualifications des migrants font également partie des sujets à l'ordre du jour de cette session.

« Le Pacte mondial sur les migrations est en fait la chance et la possibilité offertes aux Etats pour faire face aux enjeux des migrations », a déclaré la Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, Louise Arbour, lors de l'ouverture de ce 6e cycle thématique.

La Représentante spéciale a exhorté les délégations présentes à Genève à s'assurer que ce pacte soit fondé sur certaines réalités, notamment la reconnaissance des mouvements transfrontaliers, mais aussi de facteurs tels que la démographie, l'économie et les aspirations humaines qui conduisent des populations à migrer. Des facteurs à prendre en compte pour mieux gérer la mobilité humaine. Mme Arbour a ainsi souligné l'importance pour les Etats d'examiner d'abord les réalités démographiques pour mieux comprendre et contextualiser les enjeux du marché du travail.

« Alors que la plupart des migrations sont bien gérées et entreprises par le biais de canaux tout à fait légaux, tous les gens qui souhaitent migrer ne trouvent pas le canal adéquat pour le faire », a fait remarquer la haute responsable onusienne. « Donc les migrations irrégulières, avec tous les risques qui lui sont inhérents, sont en rapport avec le manque justement de voies de migration sûres et régulières ».

« Nous avons répété à de nombreuses reprises ici, la prérogative souveraine des Etats de décider qui peut rentrer sur leur territoire, à quelle fin et pendant combien de temps. Et pourtant l'interdépendance claire entre les Etats lorsqu'il s'agit de questions de migrations, les invite à examiner les réalités démographiques sur leur marché du travail », a dit Mme Arbour. « Les barrières sur les voies des migrations régulières qui ne tiennent pas compte de ces réalités ont comme résultats inévitables l'émergence et la croissance des migrations illégales ».

Au début de la session, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miroslav Lajčák, avait rappelé l'importance des migrations comme moteur de croissance économique.

Pour M. Lajčák, l'impératif économique des migrations ne doit pas être ignoré. Une façon pour le Président de l'Assemblée générale de plaider pour un partenariat devant aboutir à l'adoption d'un vrai accord sur le premier pacte mondial sur les migrations. « Pas seulement d'un accord sur le papier, mais conclu sur la base d'un programme politique », a-t-il fait remarquer. Car selon lui, « quel que soit la nature de nos passeports, les citoyens du monde ont les mêmes droits ».

Le 'Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières' (pacte mondial sur les migrations) doit aboutir à la création d'un cadre de référence intégrant des principes, des directives et des valeurs cibles mondialement reconnus pour faire face aux mouvements migratoires. Les ambassadeurs de la Suisse et du Mexique auprès des Nations Unies à New York ont été chargés par le président de l'Assemblée générale de conduire le processus d'élaboration intergouvernemental de ce Pacte. De son côté, Mme Arbour est chargée de coordonner le processus au sein du système onusien en sa qualité de Secrétaire générale de la Conférence intergouvernementale sur les migrations internationales.


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