Le chef des opérations de maintien de la paix plaide en faveur d'un outil capable de réagir rapidement

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, devant le Conseil de sécurité en juin 2017. Photo ONU/Manuel Elias

5 octobre 2017 – Lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la constitution des forces, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a souligné jeudi que le maintien de la paix devait être un outil « plus ajusté, agile et flexible », capable de répondre rapidement et avec pertinence aux besoins sur le terrain.

La constitution de force est une façon de mettre en œuvre cette vision, a poursuivi M. Lacroix. « Cela implique d'identifier les besoins actuels et futurs des opérations et de communiquer de façon ciblée et soutenue avec les Etats membres qui pourraient les combler», a-t-il dit.

Il a salué les engagements pris par les États membres pour combler les lacunes capacitaires des missions actuelles, renforcer certaines missions et faire face à de nouveaux déploiements. Les récentes réunions à Londres et à Paris ont permis d'annoncer des contributions pour des unités rapidement déployables et d'identifier les besoins spécifiques en milieu francophone, a poursuivi le Secrétaire général adjoint.

« La création du Système de préparation des moyens de maintien de la paix a été décisive dans notre nouvelle approche de la constitution des forces, en nous permettant de savoir en permanence quelles unités étaient disponibles et de mieux connaître le niveau de préparation », a expliqué M. Lacroix. « À ce jour, 81 États Membres ont enregistré des contributions dans le système, un succès impressionnant deux ans après sa création ».

Il a précisé que 29 unités du Système de préparation des moyens de maintien de la paix ont été déployées au sein notamment de la MINUSMA mais aussi de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Il a indiqué que la génération de force avait pour objectif clef de faciliter un déploiement plus rapide de capacités sur le terrain, avant d'insister sur la difficulté d'un tel déploiement. « Dans les semaines qui suivent l'adoption d'un mandat, jusqu'à ce qu'une mission atteigne un seuil opérationnel critique, des vies peuvent être perdues et notre crédibilité peut être entamée », a convenu M. Lacroix, en soulignant également les implications financières et les dangers d'un déploiement trop tardif. Le Secrétaire général adjoint a mentionné les progrès accomplis à cet égard. « Le bataillon de la MINUSCA qui était en proie à des problèmes de discipline a pu être remplacé par trois différents contingents en moins de 60 jours », s'est-il félicité.

M. Lacroix a insisté sur les lacunes capacitaires persistantes, s'agissant notamment des éléments habilitants, tels que les hélicoptères, des forces de réaction rapide et des unités de déminage des engins explosifs improvisés. Il s'est dit également déçu par le manque de progrès pour atteindre les cibles retenues s'agissant de la proportion de personnel féminin.


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