Journée des enseignants : l'ONU appelle à leur donner les moyens d'exercer librement

L’école primaire Saint Louis à Kinshasa, en RDC. Photo Dominic Chavez/Banque mondiale

5 octobre 2017 – A l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, plusieurs hauts responsables des Nations Unies ont déclaré qu'il fallait leur donner les moyens d'exercer librement, afin que chaque enfant et chaque adulte soit à son tour libre d'apprendre au profit d'un monde meilleur.

« Les enseignants sont un fondement essentiel qui contribue à la force de toute société à long terme, car ils apportent aux enfants, aux jeunes et aux adultes les connaissances et les compétences qui leur sont nécessaires pour réaliser leur potentiel », soulignent dans un message conjoint la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, le Directeur général de l'Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, le Directeur général du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, et le Secrétaire général de l'Internationale de l'Éducation, Fred van Leeuwen.

Le thème retenu cette année pour la Journée, 'Enseigner librement, donner les moyens d'agir aux enseignants', rappelle combien beaucoup trop d'enseignants ne disposent pas de la liberté et du soutien dont ils ont besoin pour remplir leur mission.

Etre autonome pour un enseignant n'implique pas seulement d'avoir accès à une formation de haut niveau, à des salaires équitables et à des possibilités constantes de perfectionnement professionnel. Cela implique d'avoir la liberté de soutenir l'élaboration des programmes scolaires nationaux et l'autonomie professionnelle de choisir les méthodes et les approches les mieux adaptées pour permettre une éducation plus efficace, inclusive et équitable.

Cela signifie en outre de pouvoir enseigner en toute sécurité dans les périodes de transition politique, d'instabilité et de conflit. Pourtant, dans beaucoup de pays, la liberté académique et l'autonomie des enseignants sont menacées.

AUDIO: Geneviève Decarre, Professeur de Sciences au Collège du Bas Chablais, en France et réseau des écoles associées de l’UNESCO. Crédit: G. Decarre

Ainsi dans certains pays, dans l'enseignement secondaire et supérieur, des systèmes de contrôle stricts exercent sur les établissements une pression énorme afin qu'ils produisent des résultats à des épreuves normalisées, sans prendre en compte la nécessité d'appliquer un large programme répondant aux besoins divers des élèves

Si la liberté académique est primordiale à tous les niveaux d'enseignement, elle l'est plus encore dans l'enseignement supérieur où elle permet aux enseignants de cultiver leur aptitude à innover, à explorer et à s'impliquer avec constance dans des programmes de recherche de pointe. Les enseignants du supérieur sont souvent recrutés ponctuellement, sur la base de contrats à durée déterminée.

Cela peut se traduire par une précarité professionnelle, des perspectives d'évolution de carrière réduites, une charge de travail alourdie et des salaires moindres, autant de facteurs qui limitent la liberté académique et nuisent à la qualité de l'enseignement dispensé. À tous les niveaux de l'enseignement, les pressions politiques et les intérêts privés peuvent influer sur la capacité des éducateurs à enseigner librement.

Les enseignants qui vivent et travaillent dans des pays et des communautés en situation de conflit et d'instabilité sont souvent confrontés à des difficultés plus grandes, notamment la montée de l'intolérance, la discrimination et les restrictions qu'elles imposent à la recherche et à l'enseignement.

« Alors que le monde unit ses forces pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) nous appelons nos partenaires au sein des gouvernements et dans tous les domaines de l'éducation et du secteur privé à s'engager à former une main-d'œuvre enseignante hautement qualifiée, valorisée et autonomisée », déclarent les hauts responsables onusiens dans leur communiqué conjoint. « C'est la condition indispensable pour atteindre l'ODD 4, qui vise à bâtir un monde dans lequel chaque fille, garçon, femme et homme aurait accès à une éducation de qualité et à des opportunités d'apprentissage tout au long de la vie ».

Selon eux, il faut pour ce faire garantir des conditions de travail et des salaires décents à tous les enseignants, y compris dans le supérieur. Il faut offrir aux enseignants une formation et un perfectionnement. Il faut accroître le nombre d'enseignants de qualité, en particulier dans les pays comptant de nombreux enseignants non formés. Il faut lever les restrictions inutiles à la recherche et l'enseignement et défendre la liberté académique à tous les niveaux d'enseignement. Enfin, il faut améliorer la condition des enseignants partout dans le monde à la hauteur de l'influence majeure que les éducateurs exercent sur la force d'une société.


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