Des experts de l'ONU encouragent la Tunisie à prendre plus de mesures en faveur de l'égalité hommes-femmes

Scène de rue en Tunisie. Photo Banque mondiale/Dana Smillie

26 septembre 2017 – Un groupe d'experts des droits de l'homme de l'ONU a favorablement accueilli mardi l'abolition en Tunisie d'une interdiction pour les femmes musulmanes d'épouser des hommes qui ne sont pas de la même religion et ont encouragé les autorités à faire plus pour lutter contre la discrimination.

« La Tunisie vient de faire un pas de plus vers la réalisation de sa garantie constitutionnelle de l'égalité entre les femmes et les hommes », ont déclaré dans un communiqué les experts en réponse à la levée, le 13 septembre, de l'interdiction.

Les agents civils de l'Etat tunisien avaient l'interdiction jusque lors, par une circulaire administrative datant de 1973, d'enregistrer tout mariage entre une femme tunisienne et un homme non-musulman. Cependant, il n'y avait pas d'interdiction similaire pour les hommes tunisiens qui épousaient des femmes non-musulmanes.

Pour les experts, cette disposition discriminatoire ne contredisait pas seulement la constitution tunisienne mais elle n'était pas en conformité avec l'obligation liée à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) d'assurer l'égalité entre les hommes et les femmes, y compris les mêmes droits dans le mariage.

« La Tunisie a fait des pas importants dans l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, avec une constitution avant-gardiste en 2014 qui a établi un cadre pour l'égalité des sexes fondé sur les droits. Ces réalisations sont le résultat d'une longue histoire d'activisme des femmes et de réformes dirigées par le gouvernement », ont ajouté les experts.

Les autorités tunisiennes ont levé leurs réserves à l'égard de la CEDAW. Elles ont également promulgué une loi générale pour lutter contre la violence à l'égard des femmes, qui a entre autres abrogé une disposition qui permettait aux violeurs de se marier avec leur victime mineure pour échapper aux poursuites.

Les experts se sont félicités de ces progrès continus et ont vivement encouragé le gouvernement à maintenir cet « élan positif » et à s'attaquer à toutes les dispositions et pratiques discriminatoires qui empêchent les femmes de jouir de droits égaux à ceux des hommes. « Celles-ci portent sur des questions telles que les relations familiales, le divorce et la garde des enfants, ainsi que la loi inégalitaire sur l'héritage », ont-ils précisé.


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