Pour le Tchad, la force G5 Sahel est complémentaire aux forces déjà engagées au Mali

Brahim Hisseine Taha, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale de la République du Tchad, lors du débat général de la 72ème session de l’Assemblée générale. Photo: ONU / Cia Pak

23 septembre 2017 – A la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies, le Ministre des affaires étrangères du Tchad, Hissein Brahim Taha, a regretté samedi que les pays en voie de développement continuent de faire les frais de la crise économique et s'est inquiété de la dégradation sécuritaire dans la région du Sahel.

À cause de la chute des prix de leurs produits d'exportation, M. Brahim Taha a expliqué que les pays comme le Tchad voyaient le financement de leurs plans de développement et la mise en œuvre du Programme 2030 menacés. C'est en raison de ce contexte difficile que N'Djamena a organisé au début du mois de septembre à Paris une table ronde pour le financement de son plan national de développement.

S'inquiétant également du risque terroriste qui affecte le monde, et plus particulièrement son pays, le chef de la diplomatie tchadienne a expliqué que la situation sécuritaire de la sous-région du Sahel et du Sahara « continue de s'aggraver du fait des actions des terroristes, des bandes armées et des trafiquants ». Des attaques régulières qui contraignent son pays à la riposte, a-t-il ajouté.

Cette réaction a pris la forme de la création de la Force G5 Sahel en collaboration avec les autres pays du G5 Sahel. Après avoir précisé que les divers appuis de la communauté internationale et des Nations Unies étaient indispensables à son pays et à ses voisins, le Ministre a assuré que cette nouvelle Force G5 n'entendait pas se substituer aux forces déjà engagées au Mali, mais se voulait une « entité complémentaire » destinée à répondre à la guerre asymétrique déclenchée par les terroristes et les trafiquants.

Rebondissant sur la situation humanitaire, M. Brahim Taha a jugé qu'elle était aggravée par ce contexte sécuritaire délicat. Face aux déplacements de population, à la famine et aux épidémies, le Tchad qui a accueilli 400.000 réfugiés et déplacés au cours de la dernière décennie appelle la communauté internationale à s'investir davantage pour soulager toute ces souffrances.

En tant que pays de transit des migrants, le Tchad a demandé aussi un « investissement massif » dans les programmes de développement des pays d'origine des migrants pour enrayer la « migration massive de la jeunesse africaine » vers l'Europe et ses conséquences dramatiques.

Dressant un panorama de la situation géopolitique en Afrique, le Ministre tchadien a appelé les factions armées de République Centrafricaine à s'engager dans le processus de paix, a estimé que la solution en Libye était entre les mains des politiciens libyens et soutenu que les protagonistes de la crise au Soudan du Sud avaient « le devoir moral de faire cesser les souffrances des populations ».

Après avoir plaidé pour un règlement du conflit israélo-palestinien au travers d'une solution à deux Etats et décrit comme « inacceptable » le sort réservé à la minorité musulmane des Rohingyas au Myanmar, M. Brahim Taha a finalement appuyé une réforme des Nations Unies et notamment du Conseil de Sécurité. Comme d'autres Etats africains, il défend l'octroi d'un siège de membre permanent pour son continent afin de mieux l'associer aux processus de prise de décisions.


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