Cuba critique l'attitude des Etats-Unis concernant le développement, le climat et le nucléaire

Le Ministre cubain des affaires étrangères, Brunon Rodriguez-Parrilla, lors du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo ONU/Cia Pak

22 septembre 2017 – A l'Assemblée générale des Nations Unies, le Ministre cubain des relations extérieures, Bruno Rodriguez Parrilla, a fustigé vendredi « l'égoïsme et la carence de volonté politique des Etats-Unis et d'autres pays industriels », qui selon lui sont responsables du manque de moyens pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

« Quelle est la panacée miraculeuse que nous recommande le Président Trump, faute des flux financiers du Plan Marshall ? Qui apportera les ressources ? Comment pourrait-on concilier cette éventuelle contribution avec 'l'America First' des Présidents Reagan et Trump ? », a demandé M. Rodriguez Parrilla.

La Havane juge « indispensable et urgent » que les Nations Unies travaillent à l'instauration d'un nouvel ordre économique international participatif, démocratique, équitable et inclusif, et à une nouvelle architecture financière, « tous deux devant tenir compte des droits, des besoins et des particularités des pays en développement et des asymétries existant en matière de finance et de commerce mondiaux, fruit de siècles d'exploitation et de pillage ».

« Les pays industriels ont le devoir moral et la responsabilité historique de s'y atteler, et ils disposent pour ce faire des ressources financières et technologiques suffisantes », a déclaré le Ministre cubain des affaires étrangères.

M. Rodriguez Parrilla a estimé que si rien n'est fait pour affronter les changements climatiques, même « les riches ne pourront pas jouir de la prospérité qu'on nous annonce ! ».

Cuba regrette que le gouvernement des Etats-Unis, « autrement dit du plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète », se soit retiré de l'Accord de Paris sur le climat. « Pour la troisième année consécutive, 2016 a battu des records de hausse de la température mondiale moyenne, ce qui confirme que les changements climatiques menacent la survie de l'humanité et le développement durable de nos peuples », a déclaré le chef de la diplomatie cubaine.

Pour le gouvernement cubain, tous les Etats membres de l'ONU sont responsables de la préservation de l'espèce humaine face à la menace que représentent les armes nucléaires. « L'adoption historique aux Nations Unies, le 7 juillet dernier, du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, qui prohibe aussi bien l'utilisation que la menace d'utilisation de ces armes capables d'annihiler l'espèce humaine a constitué une contribution importante à la concrétisation de cet objectif ».

La Havane a demandé le respect de l'accord nucléaire signé avec la République islamique d'Iran et rejeté la menace de « destruction complète » proférée contre la Corée du Nord.

« La guerre n'est pas une option dans la péninsule coréenne, car elle menacerait des centaines de millions de personnes dans ce pays et dans les pays voisins, et mènerait à une conflagration nucléaire aux conséquences incalculables », a dit M. Rodriguez Parrilla. « Seuls le dialogue et les négociations peuvent amener à un règlement politique durable qui doit tenir compte des inquiétudes légitimes de toutes les parties impliquées ».

Le Ministre cubain des affaires étrangères a déclaré que son pays appuyait « la dénucléarisation totale de la péninsule coréenne, sans ingérence étrangère et dans le respect absolu de l'égalité souveraine et de l'intégrité territoriale des Etats, ainsi que du principe du non-recours à la force ou à la menace de la force ».

A la tribune de l'Assemblée générale, M. Rodriguez Parrilla a de nouveau dénoncé l'embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba. « Le peuple cubain ne cessera de réclamer, en toute légitimité, la levée et l'élimination totales du blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis et continuera de dénoncer la recrudescence de cette politique », a-t-il dit.


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