Bangladesh : les agences de l'ONU intensifient leurs livraisons d'aide aux réfugiés rohingyas

Des réfugiés rohingyas arrivés à Cox’s Bazar, au Bangladesh, après avoir voyagé en bateau. Photo UNICEF/Brown

22 septembre 2017 – Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, doit se rendre samedi au Bangladesh pour évaluer sur place l'ampleur de la crise des réfugiés rohingyas, a indiqué l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

A la frontière de ce pays avec le Myanmar, il rencontrera les réfugiés et apportera son soutien aux équipes du HCR présentes à Cox's Bazar pour apporter leur appui au Bangladesh.

En attendant, le HCR a intensifié la livraison de l'aide d'urgence apportée aux personnes vulnérables qui campent en périphérie de deux camps officiels de réfugiés dans le sud-est du Bangladesh. A la demande des autorités bangladaises, le HCR a ainsi accéléré la distribution de bâches en plastique, afin d'assurer au plus grand nombre une protection minimale contre les pluies et les vents de mousson.

Des employés du HCR en charge de la planification de sites sont sur place pour aider à organiser un site de 800 hectares alloué aux nouveaux arrivants par les autorités. Connu sous le nom d'Extension de Kutupalong, ce nouveau site est situé non loin du camp de Kutupalong, qui abrite des réfugiés rohingyas arrivés depuis plusieurs décennies. Il est géré par le gouvernement et appuyé par le HCR.

Le nombre de réfugiés rohingyas ayant fui le Myanmar approche le demi-million. Au moins 420.000 personnes se sont depuis le 24 août exilés vers le sud-est du Bangladesh où ils sont 387.000 à vivre dans des camps de fortune et des sites d'installation spontanés, très souvent en bord de route.

Dès demain samedi, l'Agence onusienne prévoit de commencer la distribution de kits d'ustensiles de cuisine, de matelas, de lampes à énergie solaire et d'autres articles de secours essentiels à un premier groupe de 3.500 familles sélectionnées par les dirigeants communautaires.

L'autre urgence pour les organismes humanitaires reste l'aménagement et l'extension des sites de Kutupalong de manière ordonnée afin d'assurer l'assainissement mais aussi de veiller à ce que les structures soient érigées sur des terrains plus élevés et non inondables. D'autant que parmi les quelque 420.000 réfugiés arrivés au Bangladesh depuis trois semaines et demi, beaucoup sont accueillis par des familles à l'intérieur de deux camps officiels, Kutupalong et Nayapara. D'autres ont trouvé refuge dans des écoles ou d'autres bâtiments publics transformés en abris communautaires. « Il est prioritaire de les transférer - ainsi que beaucoup d'autres personnes vivant dans des campements informels - dans l'Extension de Kutupalong, où le HCR peut apporter un appui au gouvernement et à ses partenaires pour assurer leur protection et leur venir en aide », a déclaré un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse ce vendredi à Genève. Selon M. Mahecic, une fois que ces personnes auront été transférées, les écoles pourront également rouvrir leurs portes pour l'éducation des réfugiés et des communautés locales.

Sur le terrain, les organismes humanitaires doivent faire face aux conséquences des pluies diluviennes et beaucoup redoutent l'apparition de maladies d'origine hydrique. « Le risque de choléra ne peut être exclu dans la mesure où cette maladie est endémique au Bangladesh », fait remarquer, Fadela Chaib, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans ces conditions, l'agence onusienne procédera dans les prochains jours à la distribution de médicaments essentiels et de produits de santé. Il s'agit notamment de deux millions de comprimés de purification d'eau, des kits de choléra pour 20.000 personnes qui seront fournis établissements sanitaires bangladais. Par ailleurs, l'OMS va renforcer dès ce week-end ces équipes sur place avec notamment le déploiement d'épidémiologistes pour soutenir l'évaluation des risques des maladies transmissibles les plus répandues telles que le paludisme, la tuberculose, la dengue et le choléra.


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