Seuls 15 pays dans le monde disposent des politiques essentielles pour soutenir les familles et les jeunes enfants, selon l'UNICEF

Un nouveau-né à Aktau, au Kazakhstan. Photo UNICEF/UN044581/Kim

21 septembre 2017 – Seuls 15 pays dans le monde disposent des trois politiques nationales de base qui contribuent à garantir que les parents disposent du temps et des ressources nécessaires pour soutenir le développement cérébral sain de leurs jeunes enfants, selon un nouveau rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) publié jeudi.

Selon ce rapport intitulé 'Les premiers moments comptent pour chaque enfant', deux années d'enseignement préscolaire gratuit, des pauses rémunérées pour l'allaitement au cours des six premiers mois suivant la naissance et six mois de congé maternité payé ainsi que quatre semaines de congé paternité payé contribuent à jeter des fondations solides pour un développement optimal de la petite enfance.

Ces politiques aident les parents à mieux protéger leurs enfants et à leur offrir une nutrition, des jeux et des expériences d'apprentissage précoce de meilleure qualité au cours des cinq premières années de leur vie, une période cruciale où la croissance du cerveau atteint un rythme qui ne sera plus jamais égalé.

Le rapport indique que Cuba, la France, le Portugal, la Russie et la Suède figurent parmi les pays qui garantissent ces trois politiques. Cependant, 85 millions d'enfants de moins de cinq ans doivent grandir dans 32 pays où aucune de ces politiques essentielles n'est en place. Étonnamment, 40% de ces enfants vivent dans seulement deux pays : le Bangladesh et les États-Unis.

« Quelle est la chose la plus précieuse que possède un enfant ? Son cerveau. Malgré tout, nous ne prenons pas soin du cerveau des enfants comme nous prenons soin de leur corps, surtout pendant la petite enfance, une période où la science nous montre que le cerveau d'un enfant, et son avenir, se dessinent rapidement », affirme Anthony Lake, Directeur exécutif de l'UNICEF. « Nous devons redoubler d'efforts pour donner aux parents et aux éducateurs le soutien dont ils ont besoin pendant cette étape critique du développement cérébral ».

Le rapport met en garde contre l'incapacité à protéger les enfants les plus désavantagés et à leur offrir des possibilités de développement précoce, car elle sape la croissance potentielle de sociétés et d'économies entières. Il cite pour cela une étude qui révèle que les enfants de ménages pauvres qui peuvent jouer et bénéficier d'un apprentissage précoce au cours de la petite enfance gagnent en moyenne 25% de plus à l'âge adulte que ceux qui n'ont pas pu en profiter.

« Si nous n'investissons pas dès maintenant en faveur des enfants et des familles les plus vulnérables, nous continuerons d'alimenter les cycles intergénérationnels de la pauvreté et de l'inégalité », affirme M. Lake.

En moyenne, les gouvernements du monde dépensent moins de 2% de leur budget d'éducation dans des programmes consacrés à la petite enfance. Toutefois, le rapport souligne qu'investir dans les premières années de vie des enfants d'aujourd'hui apportera des bénéfices économiques significatifs à l'avenir. Chaque dollar investi dans des programmes en faveur de l'allaitement maternel génère 35 dollars en retour, et chaque dollar dédié aux soins et à l'éducation pendant la petite enfance pour les enfants les plus défavorisés peut rapporter jusqu'à 17 dollars en retour.

Le rapport exhorte les gouvernements et le secteur privé à soutenir les politiques nationales de base en faveur du développement de la petite enfance, notamment en investissant en faveur de services de développement de la petite enfance et en les étendant dans les maisons, les écoles, les communautés et les centres de soin – en accordant la priorité aux enfants les plus vulnérables ; en élevant les politiques familiales, y compris les deux années d'enseignement préscolaire gratuit, les congés parentaux payés et les pauses pour l'allaitement rémunérées, au rang de priorité ; en accordant aux parents qui travaillent le temps et les ressources nécessaires pour contribuer au développement cérébral de leurs jeunes enfants ; en collectant et analysant les données relatives au développement de la petite enfance et en suivant les progrès pour toucher les enfants et les familles les plus vulnérables.


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