La Guinée appelle à renforcer le poids de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité

Le Président de la République de Guinée, Alpha Condé, lors du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo ONU/Cia Pak

19 septembre 2017 – Le Président de la République de Guinée, Alpha Condé, a appelé les Nations-Unies à accroître la représentation du continent africain au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'un discours prononcé ce mardi lors du débat général de la 72e session de l'Assemblée générale à New York.

M. Condé, actuel président en exercice de l'Union africaine, réclame l'élargissement du Conseil de sécurité dans les deux catégories de membres, « dont deux sièges permanents et un total de cinq sièges non permanents pour l'Afrique, choisis par l'Union africaine. Aussi, à défaut de l'abolition du veto, les nouveaux membres permanents du Conseil de sécurité devront avoir les mêmes prérogatives et privilèges que les membres actuels ».

L'Afrique « ne doit plus rester en marge des décisions qui la concernent », a-t-il ajouté. « Comment comprendre que l'Afrique, qui constitue la troisième puissance démographique du monde, ne soit pas représentée à un niveau approprié au sein du Conseil de sécurité, alors que 70% des questions y débattues concernent l'Afrique ? » a demandé le chef de l'Etat guinéen.

Entre autres défis à relever pour le continent, M. Condé a énuméré « les flux massifs de réfugiés, les migrations à grande échelle, les catastrophes naturelles, les grandes pandémies ».

Le retard de développement du continent, pour Alpha Condé, « n'est pas une fatalité ». « L'Afrique a été le continent le plus dynamique au cours de cette dernière décennie », a-t-il noté.

Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, cette croissance se poursuivra en dépit de la chute des prix des matières premières fixés en dehors du continent, et « dont nos économies restent fortement dépendantes ».

M. Condé a appelé à « davantage d'investissements dans les secteurs véritablement porteurs de croissance durable, tels que l'agriculture, les infrastructures, les technologies de la communication et de l'information, et l'énergie ».

Il a aussi appelé à « un changement de paradigme » dans les rapports entre la communauté internationale et l'Afrique, à savoir l'usage du « pragmatisme » plutôt que de « l'empathie ». L'Afrique, « jadis subjuguée, corvéable et malléable à dessein, et marginalisée s'est éveillée. Elle s'est redressée pour mener le combat du développement durable, de la justice et de la bonne gouvernance. Aujourd'hui plus que jamais, l'Afrique est décidée à prendre son destin en main avec la ferme détermination d'être l'acteur principal de son développement et de jouer pleinement son rôle dans la gestion des affaires internationales », a-t-il déclaré.


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