Face aux défis mondiaux, le Président de l'Assemblée générale rappelle que « nous ne pouvons pas échouer »

Miroslav Lajcák, le Président de la 72e session de l’Assemblée générale, lors du débat général annuel. Photo ONU/Cia Pak

19 septembre 2017 – A l'ouverture du débat général de la 72e session de l'Assemblée générale, le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a souligné mardi que la paix et la prévention devraient être au centre de tout ce que l'ONU fait.

« Les conflits persistent comme une affreuse réalité de notre monde. Les civils - et non les soldats – en paient le prix le plus élevé. Les écoles et les hôpitaux - et non les casernes militaires - sont les cibles des attaques », a déploré M. Lajčák dans un discours devant les chefs d'Etat et de gouvernement réunis au siège de l'ONU à New York.

« Malheureusement, nous passons trop de temps et d'argent à réagir aux conflits et pas assez pour les prévenir. Nous devons recalibrer nos efforts autour de la paix et de la prévention. C'est la seule façon de faire en sorte que les Nations Unies fassent le travail pour lequel elles ont été créées », a-t-il ajouté.

Pour le Président de l'Assemblée générale, donner la priorité à la paix et la prévention ne consiste pas à demander plus de capacités de l'extérieur. « Les Nations Unies possèdent déjà la plupart des outils dont elles ont besoin », a-t-il dit. « Ce qui nous manque, ce sont les conditions dans lesquelles ils peuvent être utilisés correctement », a-t-il ajouté, rappelant que les résolutions de maintien de la paix devraient être au sommet de la boîte à outils de l'ONU.

Pour M. Lajčák, la prévention doit faire partie intégrante du travail de l'Assemblée générale : « Cela sera important dans notre examen en cours des opérations de paix de l'ONU et dans notre engagement avec le premier bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies ».

M. Lajčák a souligné que la prévention doit également être mieux intégrée dans les droits de l'homme et le développement : « Lorsque les gens peuvent vivre une vie décente - lorsque les droits sont respectés - lorsque l'Etat de droit est présent dans la vie quotidienne - il est plus difficile de d'entrainer les sociétés dans des conflits »

« Les Nations Unies ont été faites pour les gens »

Le Président de l'Assemblée générale a également souligné auprès des Etats membres qu'une plus grande attention doit être accordée aux gens, « parce que les Nations Unies n'ont pas été créées pour des diplomates ou des dignitaires. Elles ont été faites pour les gens », a-t-il dit.

« Nous savons que beaucoup de gens sont devenus désabusés. Beaucoup d'autres personnes dans le monde placent de grands espoirs en nous. Elles voient le drapeau bleu des Nations Unies comme un premier signe de sécurité et le début du changement », a dit M. Lajčák.

Selon lui, l'un des plus grands tests pour la communauté internationale sera le processus d'adoption du premier pacte mondial sur les migrations. « Ce sera un processus difficile. La migration est une question qui divise beaucoup. Nous avons tous une opinion différente à ce sujet », a-t-il prévenu. « Mais nous ne pouvons pas transformer cela en exercice bureaucratique. On ne peut pas se contenter d'un accord qui fonctionne uniquement sur le papier ».

L'autre défi majeur qui exige de mettre l'accent sur les personnes selon M. Lajčá, est le terrorisme international. « Ce n'est pas un problème qui peut être résolu avec des armes à feu, ou fermé par des barrières. Les gens sont au centre (de cette question). Ce sont eux qui y contribuent. Ce sont eux qui en souffrent ».

Matérialiser l'engagement financier en faveur du Programme 2030 et de l'Accord de Paris

Le Président de l'Assemblée générale a également appelé les Etats membres à respecter les promesses qu'ils ont faites pour promouvoir la prospérité et protéger la planète.

« Dans le cadre du Programme 2030 et de l'Accord de Paris sur le climat, nous avons pris un engagement clair. Nous avons promis d'améliorer la vie de tous et de sécuriser l'avenir de la planète sur laquelle nous vivons », a souligné M. Lajčák. « Cependant, nous ne serons pas en mesure d'atteindre cet objectif sans assurer suffisamment de financement. Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre patiemment que des milliards de dollars se matérialisent. Nous devons les chercher. Cela impliquera plus d'engagement avec le secteur privé et les institutions financières ».


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