Choléra : l'OMS veut réduire de 90% le nombre des morts dans le monde d'ici à 2030

À l’hôpital Al Sab’een à Sanaa, au Yémen, un médecin ausculte une jeune fille souffrant du choléra. Photo UNICEF/UN066510/Fuad

18 septembre 2017 – L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi qu'elle allait lancer une nouvelle stratégie début octobre avec pour objectif de réduire de 90% le nombre de morts dus au choléra d'ici à 2030 dans le monde.

Selon les dernières estimations de l'OMS, il y a près de 95.000 décès liés au choléra dans le monde, pour environ 2,9 millions de cas suspects. La plupart de ces cas sont enregistrés en Inde et au Bangladesh.

Pour faire face à cette urgence sanitaire et humanitaire, l'agence onusienne va présenter sa nouvelle stratégie le 4 octobre prochain à Veyrier-du-Lac (Annecy, France), lors d'une réunion avec des partenaires comme les Fondations Gates et Mérieux.

« Nous devons agir », a expliqué ce lundi à Genève devant la presse Dr Dominique Legros, chargé de la lutte contre le choléra au département pour les pandémies et les épidémies à l'OMS.

Avec le pic constaté dans des pays en conflit comme le Yémen et la menace du choléra dans l'Etat de Borno au Nigéria, l'agence onusienne entend mettre en œuvre sa stratégie pour réussir à interrompre la transmission de la maladie. Pour y arriver, l'OMS mise sur plus d'investissements dans les systèmes d'assainissement et la distribution de l'eau potable car « la transmission du choléra est étroitement liée à un accès inapproprié à l'eau potable et à des installations d'assainissement », fait remarquer l'OMS.

Dans ces conditions, l'agence onusienne mise sur une approche pluridisciplinaire pour prévenir et combattre le choléra, et faire baisser la mortalité. En misant sur la surveillance, le traitement et la prévention, l'OMS espère réduire de 90% le nombre des morts causées par le choléra dans le monde d'ici à 2030.

L'urgence reste la situation au Yémen

Mais l''urgence reste la situation au Yémen qui est affecté par plus de deux ans de conflit et où le nombre de cas suspects ce lundi est de 686.783 cas et 2.090 décès. Pourtant si Sanaa avait demandé à l'OMS un dispositif de vaccination, les autorités yéménites se sont par la suite ravisées sur son utilisation. Le million de doses qui lui a été attribué a depuis été réacheminé au Soudan du Sud et en Somalie, mais « on est en négociation pour essayer de convaincre les autorités », a déclaré le Dr Dominique Legros. Ce dernier a indiqué que l'OMS est toujours prête à lancer cette campagne. « L'idée, c'est de démarrer sur une campagne relativement modeste, voir comment cela fonctionne, avant d'adopter des campagnes beaucoup plus importantes », a-t-il ajouté.

Parmi les autres pays touchés, la Somalie totalise en un an plus de 60.200 cas suspects et 820 décès, la République démocratique du Congo (RDC) environ 530 décès et 24.200 cas suspect, le Soudan 34.000 cas et 774 décès et le Soudan du Sud près de 20.000 cas et 355 décès.

Au Nigéria, une épidémie récente dans le nord-est du pays a déjà produit 2.600 cas suspects et 48 victimes en quelques semaines. « Il faut l'empêcher de s'étendre », estime M. Legros. Il a annoncé le lancement ce lundi d'une campagne de vaccination pour 900.000 personnes.

Par ailleurs, une équipe de l'OMS est également attendue à la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh pour évaluer la situation humanitaire à Cox's Bazar où plus de 400.000 réfugiés rohingyas sont arrivés ces dernières semaines.

Depuis 2013, l'OMS a établi un stock mondial qui rassemble actuellement 1,5 million de doses. La fabrication annuelle de vaccins devrait augmenter en 2018 de 8 millions de doses pour atteindre 25 millions. Une protection pour trois ans demande deux doses avec au moins deux semaines de décalage entre elles. Deux doses de vaccins sont nécessaires pour conférer une protection complète. Toutefois, dans les situations d'urgence, l'OMS estime qu'une seule dose peut être administrée.


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