Centrafrique : le HCR préoccupé par les violences provoquant des déplacements massifs

Les déplacements massifs de population constitue un problème majeur en République centrafricaine. Photo: OCHA RCA

15 septembre 2017 – L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est dite vivement préoccupée vendredi par la poursuite des violences en République centrafricaine (RCA), qui provoque de nouveaux déplacements massifs.

Avec plus de 1,1 million de personnes déracinées, les mouvements de population ont atteint « le plus haut niveau jamais observé ». Aujourd'hui, l'insécurité sévit dans des régions au centre, au nord-ouest, à l'est et au sud-est de la RCA, dont certaines n'avaient pas encore touchées par le conflit, comme Bangassou ou Zemio.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés centrafricains dans les pays voisins s'élève désormais à 513.676. Il s'agit du plus haut niveau jamais atteint depuis le pic de la crise en décembre 2013. Dans le même temps, 600.000 personnes ont également été contraintes de fuir à l'intérieur des frontières de la République centrafricaine.

En République démocratique du Congo (RDC), le nombre de réfugiés centrafricains s'élève à 167.004 à la fin août. Près de 40 % d'entre eux sont arrivés du fait des récents combats en RCA. Beaucoup ont fui vers des régions reculées, avec un accès limité à la nourriture, à l'eau potable ou aux services médicaux. Par ailleurs, 236.732 réfugiés centrafricains sont accueillis au Cameroun. Parmi eux, plus de 7.000 personnes y sont arrivées depuis juillet pour échapper à la violence dans l'ouest de la RCA.

Au Tchad, le nombre de réfugiés centrafricains s'élevait à 74.450 à la fin août. La plupart des personnes arrivées pendant les mois d'été étaient des femmes et des enfants, après avoir fui la violence dans le nord-ouest de la RCA. Le Congo accueille aussi 31.499 réfugiés centrafricains.

Ces récents mouvements de population sont les conséquences directes d'un regain de tension noté depuis mai 2017. Selon le HCR, ces nouveaux affrontements violents entre des groupes armés en RCA ont provoqué la souffrance, des décès et la destruction de biens. « Beaucoup de nouveaux déplacés disent avoir été témoins d'attaques meurtrières, de vols, de pillages et d'enlèvements », a indiqué le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic lors d'une conférence de presse vendredi à Genève. Même après avoir rejoint des lieux sûrs, ils risquent souvent d'être agressés par des groupes armés s'ils s'aventurent à l'extérieur. Ils sont dans l'incapacité de se rendre auprès des travailleurs humanitaires et ont peu accès à l'aide vitale.

A cet égard, l'agence onusienne souligne que l'insécurité les empêche également, ainsi que d'autres organisations humanitaires, d'évaluer l'ampleur des dégâts ou des déplacements causés par les récentes violences. « Certaines de nos livraisons humanitaires prévues par avion ont également été retardées ou bloquées en raison de la présence des groupes armés », a dit M. Mahecic. Par ailleurs, les organisations humanitaires, y compris le HCR, sont de plus en plus souvent prises pour cible par des groupes armés et, dans certains cas, ont été contraintes d'évacuer temporairement leur personnel.

Pourtant malgré les difficultés, le HCR continue de venir en aide aux déplacés dans des régions comme Bria, le chef-lieu de la province de Haute-Kotto, où a été générée une grande partie des déplacements de populations dans l'est du pays. Pour les réfugiés, notamment ceux vivant en RDC, le HCR a distribué des articles de secours et du matériel d'abri aux nouveaux arrivants et les a transférés dans des villages où ils vivent côte à côte avec la population locale.

Néanmoins, le HCR note que son appel de 209 millions de dollars en 2017 n'est financé à ce jour qu'à seulement 9%, ce qui fait de la situation en RCA l'une des principales crises d'urgence humanitaire sous-financées au monde.


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