Somalie : l'ONU appelle à résoudre les problèmes politiques encore non réglés

Vue de la salle du Conseil de sécurité alors que Michael Keating (à gauche sur l’écran), le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, fait un exposé par vidéoconférence. Photo ONU/Eskinder Debebe

13 septembre 2017 – Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, Michael Keating, a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité que les problèmes politiques dans ce pays devaient être « pris au sérieux, sous peine de compromettre les progrès réels, bien qu'inégaux, accomplis en Somalie ».

Selon lui, ces problèmes découlent notamment de relations mal définies entre le gouvernement fédéral et les États de la Fédération et entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

« La transition politique pacifique opérée en début d'année en Somalie a créé de l'espoir mais aujourd'hui la lune de miel est terminée », a déclaré M. Keating, qui présentait le dernier rapport du Secrétaire général sur la Somalie. Dans ce rapport, le Secrétaire général souligne la « dynamique » créée par l'élection du Président Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmaajo » en février 2017 et les « mesures encourageantes » prises par le gouvernement fédéral pour renforcer ses relations avec la Fédération.

« Des questions clefs restent à trancher, telles que la répartition des pouvoirs et le partage des recettes et des ressources entre le gouvernement fédéral et les États de la Fédération », a déclaré M. Keating, qui s'exprimait par vidéoconférence depuis Mogadiscio. Il a également souligné la nécessité de définir la structure du pouvoir judiciaire et de formaliser le statut de la région de Banadir, où se trouve la capitale somalienne.

Autre priorité, l'accélération de l'examen de la Constitution provisoire, en vue d'aboutir à la tenue d'élections au suffrage universel en 2021, comme s'y est engagé le gouvernement somalien lors de la Conférence de Londres de mai dernier. « Un cadre législatif et un accord sur le modèle électoral sont urgemment requis », a insisté M. Keating.

S'il s'en est pris à certains responsables politiques cherchant à promouvoir leurs intérêts personnels ou ceux de leur clan, M. Keating a indiqué que les bonnes relations de travail entre le Président et le Premier Ministre Kassan Ali Kheyre étaient un atout. « La question clef est de savoir si le gouvernement fédéral sera en mesure de remédier à ces défis, sans compromettre les progrès accomplis et la stabilité de l'État ».

« La priorité pour les Somaliens est de briser le cercle vicieux des catastrophes naturelles »

M. Keating a ensuite insisté sur les défis structurels qui risquent de faire dérailler le processus politique en Somalie, citant en premier lieu la situation humanitaire et le risque de famine toujours présent.

Grâce à la mobilisation d'un milliard de dollars depuis le début de l'année, les agences humanitaires ont pu mettre en place un plan de prévention de la famine, apportant une aide à trois millions de personnes par mois, s'est-il félicité. « La priorité pour les Somaliens est de briser le cercle vicieux des catastrophes naturelles et des chocs afférents ».

Notant que le pays restait dépendant de l'aide internationale, en dépit d'un potentiel économique indéniable, le Représentant spécial a appelé les partenaires à emboîter le pas de l'Union européenne et de la Norvège dans la concrétisation de leurs engagements vis-à-vis de la Somalie.

Assurer un financement pérenne de l'AMISOM

Sur le plan sécuritaire, le Représentant spécial a déclaré que les Chabab constituaient une « menace toujours puissante », même si la sécurité s'est améliorée à Mogadiscio. Il ainsi plaidé pour la mise en œuvre de l'accord sur l'architecture nationale de sécurité.

À l'instar des représentants de l'Union africaine (UA) et de la Somalie, qui se sont également exprimés, M. Keating, qui est également chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), a plaidé pour qu'un financement pérenne soit apporté à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM). « C'est une priorité fondamentale », a-t-il dit, expliquant que la Mission de l'UA demeurait essentielle pour assurer la sécurité de la population et préserver les progrès accomplis, les forces somaliennes n'étant pas encore prêtes pour ce faire.

« Une transition sans heurts des tâches sécuritaires de l'AMISOM aux institutions somaliennes exige un soutien adéquat et cohérent à la fois à l'AMISOM et aux forces somaliennes, ainsi qu'une clarté accrue sur le rôle joué par la MANUSOM dans ce contexte de transition », a souligné le Représentant spécial. À cette fin, il a exhorté le Conseil de sécurité à appuyer la mise en œuvre des recommandations tirées de l'examen conjoint UA-ONU de l'AMISOM.


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