Guinée-Bissau : le Conseil de sécurité encourage les dirigeants à nommer un Premier ministre de consensus

Le Conseil de sécurité discutant de la situation en Guinée-Bissau en août 2016 (archives). Photo ONU/Rick Bajornas

13 septembre 2017 – Le Conseil de sécurité a encouragé mercredi les dirigeants politiques bissau-guinéens à appliquer les Accords de Conakry du 14 octobre 2016, notamment en nommant un Premier ministre de consensus.

Dans une déclaration dont il a donné lecture au nom de ses autres membres, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de septembre, et Représentant permanent de l'Éthiopie, Tekeda Alemu, « rappelle que l'application des Accords pourrait être un moyen de faire reprendre confiance aux partenaires et de permettre que la communauté internationale tienne les engagements qu'elle a pris à la Conférence de Bruxelles de mars 2015 en faveur du programme « terra ranka » et du développement de la Guinée-Bissau ».

C'est que le Conseil est profondément préoccupé par l'impasse politique dans laquelle la Guinée-Bissau continue de se trouver en raison de l'incapacité de ses dirigeants politiques de trouver une solution consensuelle durable.

« En témoigne le fait que l'Assemblée nationale ne s'est pas réunie en session plénière depuis janvier 2016 et que quatre gouvernements successifs ne sont pas parvenus à adopter un programme de travail et un budget national », constate la déclaration.

Inquiet des retombées négatives de la crise politique sur la population civile, le Conseil invite donc les dirigeants politiques bissau-guinéens, notamment le Président, le Président du Parlement et les responsables des partis politiques, à donner suite à l'engagement qu'ils ont pris d'instaurer la stabilité politique en Guinée-Bissau.

Pour le Conseil, cet objectif sera atteint en lançant un véritable dialogue, notamment au sujet de la révision de la constitution, en trouvant un terrain d'entente pour un règlement rapide de la crise politique et en s'abstenant de tout discours ou acte susceptible de compromettre la paix et la cohésion nationale.

Rendant hommage aux forces de défense et de sécurité de la Guinée-Bissau pour leur non-interférence dans la crise politique, le Conseil de sécurité les exhorte fortement à « persévérer sur cette voie ».

Le Conseil rappelle que les Accords de Conakry du 14 octobre 2016, basés sur la feuille de route en six points de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) intitulée « Accord pour une sortie de crise politique en Guinée-Bissau », sont le principal cadre pour un règlement pacifique de la crise politique.

Aux termes de la déclaration, ils représentent une occasion « historique » pour les autorités nationales et les dirigeants politiques, tout comme pour la société civile, d'œuvrer ensemble pour la stabilisation politique et la consolidation de la paix, rappelle la déclaration.

Le Conseil souligne encore l'importance que revêtent la tenue des élections législatives et présidentielles prévues pour 2018 et 2019 et leurs préparatifs, en particulier l'actualisation des listes électorales.


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