En Israël, le chef de l'ONU souligne son rôle de médiateur impartial et de messager de la paix

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (à gauche) et le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse à Jérusalem. Photo: Shlomi Amsalem

28 août 2017 – Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, est arrivé en Israël – deuxième étape de sa tournée au Moyen-Orient – où il a rencontré lundi le Président, Reuven Rivlin, et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

« Il me semble clair qu'exprimer que le droit à l'existence de l'Etat d'Israël n'existe pas ou (exprimer) le désir de détruire l'Etat d'Israël est une forme inacceptable d'antisémitisme moderne », a déclaré le Secrétaire général lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier Ministre Netanyahu.

« Vous pouvez être absolument sûr que, en tant que Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, je suis totalement attaché à cet égard (à ce que) le droit à l'existence de l'État d'Israël est clair et (que) le droit à l'existence en sécurité de l'État de Israël est clair », a souligné le Secrétaire général.

En sa qualité de chef de l'ONU, M. Guterres, a affirmé qu'il est de son devoir d'être à la fois un « courtier honnête » et le « messager pour la paix ».

« Etre un courtier honnête signifie être impartial ». Etre un courtier honnête signifie que tous les pays doivent être traités sur un pied d'égalité, à la fois par le Secrétaire général et par le Secrétariat que dirige le Secrétaire général. C'est pour moi très clair et vous pouvez être certain que ces valeurs seront confirmées », a souligné M. Guterres devant la presse et le chef du gouvernement israélien. « Mais je sens toujours qu'il est de mon devoir en tant que Secrétaire général d'être le messager pour la paix », a-t-il ajouté.

Pour le chef de l'ONU, le processus politique israélo-palestinien doit en parallèle être accompagné d'une amélioration significative des conditions de vie économiques et sociales des Palestiniens, « pour créer un dividende pour la paix afin que les gens puissent croire que la paix en vaut la peine ».

M. Guterres a reconnu qu'un certain nombre d'obstacles demeurait, faisant référence à l'activité de colonisation, au terrorisme, aux violences, aux incitations à la violence et aux difficultés créées par la séparation entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. « Il y a donc un certain nombre de complexités qui exigent un vif désir de paix », a-t-il dit.

« Je dois dire en toute franchise que j'ai toujours eu un rêve, un rêve qu'un jour je pourrai voir en Terre Sainte, une Terre sainte où Jérusalem est une ville clairement liée, profondément liée à trois religions - cela ne peut être nié », a déclaré le Secrétaire général, espérant voir « deux États capables de vivre ensemble dans une reconnaissance réciproque, mais aussi dans la paix et la sécurité ».

Combattre l'antisémitisme sous toutes ses formes

Avant de rencontrer le Premier Ministre israélien, le Secrétaire général s'était rendu lundi matin à Yad Vashem, le Mémorial de l'Holocauste à Jérusalem.

« L'Holocauste n'était pas une initiative folle d'un groupe de nazis paranoïaques, mais était la combinaison de millénaires de persécution et de discrimination du peuple juif de ce que nous appelons aujourd'hui l'antisémitisme », a rappelé aux journalistes M. Guterres lors de sa visite au Mémorial.

« J'ai été choqué il y a quelques jours d'entendre le chant d'un groupe de néonazis dans un pays développé du monde qui chantait 'sang et sol' – le slogan des nazis », a-t-il déploré, « démonstration dramatique » selon lui qu'il est du devoir de l'humanité « de tout faire » pour combattre l'antisémitisme dans toutes ses expressions. Un devoir pour lequel M. Guterres a réaffirmé son engagement en sa qualité de chef de l'ONU.

« Comme je l'ai dit, je suis véritablement engagé à lutter contre l'antisémitisme, à lutter contre le racisme, la xénophobie, la haine anti-musulmane et toutes les autres formes d'intolérance dont nous ne sommes malheureusement pas encore en mesure de libérer notre monde », a déclaré le Secrétaire général.

Après sa rencontre avec le chef de l'Etat hébreu, le Secrétaire général a souligné que sa mission est, « partout, de promouvoir le dialogue, la compréhension et la paix, et ce sont mes messages au début de cette visite ».

« Mais vous comprenez également que je suis parfois en désaccord avec les positions du gouvernement d'Israël ou de tout autre gouvernement », a dit M. Guterres lors d'une conférence de presse avec le Président Rivlin. « Et c'est absolument normal en société. Nous serons toujours très francs dans le dialogue avec l'État d'Israël en essayant de trouver des moyens pour que la paix soit possible dans cette région, mais nous serons toujours très déterminés à veiller à ce que l'antisémitisme ne prévale pas et que l'égalité dans le traitement de tous les États soit pleinement respectée ».


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