Yémen : l'ONU exhorte toutes les parties au conflit à ne pas entraver l'acheminement de l'aide

Dans un hôpital à Sanaa, au Yémen, en mai 2017. Photo UNFPA/Yémen

17 août 2017 – Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a exhorté jeudi toutes les parties au conflit au Yémen à respecter leurs obligations - en vertu du droit international humanitaire - de faciliter l'acheminement « sans danger et sans entrave » de l'aide humanitaire dans les zones sous leur contrôle.

Le Coordonnateur résident des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire au Yémen, Jamie McGoldrick, s'est dit profondément préoccupé par le rétrécissement de l'espace humanitaire dans ce pays où les parties au conflit continuent d'entraver l'acheminement rapide de l'assistance aux personnes dans le besoin.

« Pendant des mois, les partenaires humanitaires ont subi des retards de la part des autorités de Sanaa pour faciliter l'entrée des travailleurs humanitaires au Yémen, l'ingérence dans la livraison de l'assistance humanitaire et le choix des partenaires d'exécution, et des obstacles dans la conduite des évaluations », a déploré M. McGoldrick dans une déclaration à la presse. « Il y a également eu des incidents accrus de détournement d'aide de leurs bénéficiaires dans les zones sous le contrôle des autorités de Sanaa », a-t-il ajouté.

Le Coordonnateur humanitaire s'est dit particulièrement préoccupé par le pillage de l'aide alimentaire et d'autres biens humanitaires dans le gouvernorat de Taëz où trois incidents distincts se sont produits sur une période de deux mois.

« Depuis janvier 2017, onze véhicules appartenant à des organisations humanitaires ont été détournés dans la ville de Taëz dans des zones sous le contrôle du gouvernement du Yémen », a regretté M. McGoldrick.

Bien qu'OCHA reconnaisse les efforts déployés par les autorités et les responsables locaux pour récupérer les articles pillés, le Coordonnateur humanitaire estime que davantage doit être fait pour assurer « un environnement opérationnel sûr et sécurisé » qui permette de fournir rapidement une assistance humanitaire aux personnes dans le besoin.

« Tous ces incidents retardent la fourniture d'une aide urgente aux personnes les plus touchées par le conflit tout en mettant le personnel humanitaire en danger », a alerté M. McGoldrick. « Alors que les services sociaux de base au Yémen sont presque sur le point de s'écrouler, une pression croissante s'exerce sur les organisations humanitaires pour élargir la réponse humanitaire ».

OCHA souligne que la garantie d'un accès humanitaire sans entrave est essentielle pour sauver les vies des personnes qui dépendent de l'aide. Une assistance particulièrement cruciale alors que le Yémen est frappé par une épidémie sans précédent de choléra et que plus de sept millions de personnes sont confrontés à un risque de famine.


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