« Ma priorité, c'est le peuple libyen » - Ghassan Salamé, nouvel envoyé de l'ONU en Libye

Ghassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye. Capture d’écran

28 juillet 2017 – Le nouvel envoyé de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a rencontré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, au siège de l'Organisation à New York.

« La question libyenne occupe une place importante dans les préoccupations du Secrétaire général qui accorde une très grande importance à la mission que je vais commencer en Libye », a déclaré M. Salamé dans un entretien à ONU Info. « Il m'a indiqué qu'il était disposé à être personnellement impliqué dans la recherche d'une solution et que je pouvais compter sur son engagement personnel pour tenter de trouver une sortie de crise qui soit acceptable pour les Libyens ».

Le 22 juin dernier, le Secrétaire général a nommé M. Salamé comme son nouveau Représentant spécial et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), en remplacement de Martin Kobler. A l'annonce de sa nomination, celui qui fut Ministre de la culture du Liban entre 2003 et 2006, était alors membre de la Commission sur l'Etat de Rakhine (Myanmar) présidé par l'ancien Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

Par le passé, M. Salamé a également été conseiller politique à la Mission d'assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI) en 2003 et conseiller des précédents Secrétaire généraux Kofi Annan (2003-2007) et Ban Ki-moon (2012).

Il s'est dit reconnaissant de la confiance que le Secrétaire général et le Conseil de sécurité lui ont accordée « pour tenter d'aider les Libyens à sortir du cercle vicieux dans lequel ils se sont installés depuis quelques temps ».

Le Représentant spécial a également exprimé sa reconnaissance pour les nombreuses manifestations de soutien qu'il a reçues des Libyens et de la communauté internationale. « J'ai reçu des centaines de mails et des dizaines de milliers de tweets qui me donnaient des conseils – pas toujours dans le même sens – parfois des conseils tout à fait contradictoires – mais qui heureusement m'ont appris à mieux connaître (les Libyens), ce qui les préoccupaient, ce qu'ils attendaient de moi », a-t-il dit.

Consultations élargies à New York avec tous les acteurs

Le chef de l'ONU a demandé à M. Salamé de consulter largement et d'élaborer une approche globale des Nations Unies ainsi qu'un plan d'action à l'appui d'une solution politique inclusive à la crise à laquelle est confronté le pays d'Afrique du Nord, dans le cadre de l'Accord politique libyen.

Dans les prochains jours M. Salamé se réunira à New York avec plusieurs hauts responsables onusiens pour discuter « des questions politiques, de sécurité et de développement ».

Avant de partir pour la Libye où il consultera de manière approfondie tous les acteurs libyens, M. Salamé essaiera de rencontrer « le plus grand nombre possible d'ambassadeurs de pays membres du Conseil de sécurité mais également de pays voisins de la Libye qui ont un intérêt particulier à l'évolution de ce pays », espérant s'entretenir notamment avec les représentants égyptien, algérien et italien.

Le nouveau Représentant spécial devrait rejoindre Tripoli au début du mois d'août. « Pour moi, ma toute première priorité, c'est les Libyens. C'est-à-dire comment aider les Libyens – s'ils le veulent, on ne peut pas les obliger - comment leur proposer des solutions créatives, innovantes » pour sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvent, a-t-il dit.

Déclaration conjointe de Paris : « les deux parties ont reconnu qu'il n'y a de solution que politique »

M. Salamé était mardi à Paris lors de la rencontre entre Fayez Al Sarraj, Président du Conseil de la présidence de la Libye, et le général Khalifa Haftar, commandant de l'Armée nationale libyenne(ANL) organisée sous l'égide du Président français, Emmanuel Macron, et qui a abouti sur une Déclaration conjointe saluée par les membres du Conseil de sécurité.

« Le fait que les deux parties se soient entendues qu'il n'y a de solution que politique à leur conflit est quelque chose qui, certes est théorique, mais qui est très important », a déclaré le Représentant spécial.

Pour M. Salamé, la déclaration conjointe faite par les deux parties à Paris « va être une référence que moi et d'autres pourront leur opposer le jour où ils auront d'autres tentations ». Il a également jugé important le fait que les deux parties appellent à un cessez-le-feu et pensent que les élections soient possibles pour régler la situation.


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