La Somalie a une opportunité unique de construire un État fonctionnel dans les quatre années à venir, selon l'ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU. Photo ONU/Manuel Elias

17 mai 2017 – Depuis le début de l'année, les progrès politiques enregistrés en Somalie font naître de vrais espoirs, ont reconnu ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Somalie, Raisedon Zenenga, et le Représentant spécial du Président de la Commission de l'Union africaine pour la Somalie et Chef de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), Francisco Caetano Jose Madeira.

La Conférence de Londres sur la Somalie, présidée par les Nations Unies, l'Union africaine, la Somalie et le Royaume Uni, qui s'est tenue le 11 mai dernier, a été l'occasion pour le nouveau gouvernement somalien de présenter ses priorités devant la communauté internationale et de forger des partenariats pour les réaliser, se sont félicités les deux hommes.

Cependant, ont-ils averti, la Somalie fait actuellement face à une grave sécheresse et à une dégradation rapide de la situation humanitaire qui pourrait provoquer une famine si la pluie ne vient pas et si l'aide humanitaire n'est pas renforcée à temps.

L'élection pacifique du Président Mohamed Abdullahi Mohamed Farmajo, le 8 février, la désignation et l'approbation d'un premier ministre et d'un gouvernement, et l'accord conclu le 16 avril par les dirigeants somaliens, à la fois au niveau fédéral et fédéré quant à la structure des forces de sécurité du pays, représentent des jalons importants, ont-ils souligné.

Selon M. Zenenga, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la Somalie, le pays a aujourd'hui « l'opportunité unique de surmonter sa fragilité et de construire un État fonctionnel dans les quatre années à venir ».

À cette fin, le pays doit progresser dans cinq domaines prioritaires : établir des forces de police et de sécurité à même de protéger la population et de commencer à relayer l'AMISOM ; promouvoir la reprise économique ; prendre des mesures adéquates pour mieux gérer les fonds publics ; finaliser la révision de la Constitution et renforcer le système fédéral ; encourager la réconciliation et résoudre les conflits locaux de longue date.

« Les élections de 2020 seront un test des progrès », a lancé M. Zenenga.

Les dirigeants somaliens sont arrivés à un accord historique pour intégrer les forces fédérales et nationales dans une architecture nationale de sécurité, s'est également réjoui M. Madeira. Le Pacte de sécurité conclu à Londres entre la Somalie et 42 partenaires internationaux entérine cet accord et reconnaît que l'AMISOM reste un pilier pour la sécurité de la Somalie, a précisé son homologue.

Les défis à relever sont énormes ont toutefois rappelé les intervenants, en soulignant que les Chabab restaient la principale menace.

« Les Chabab se nourrissent des manquements en termes de gouvernance, notamment dans les domaines des droits de l'homme, de la justice et de l'état de droit, et de la fourniture de services de base », a mis en garde le Représentant spécial adjoint.

Citant plusieurs villes situées le long du couloir de Djouba qui restent les fiefs de ce groupe terroriste, le Chef de l'AMISOM a souhaité que l'opération Djouba 2 soit bientôt lancée, avant de plaider en faveur de l'allocation d'un financement prévisible et suffisant à la Mission.


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