Somalie : le HCR révise à la hausse ses besoins de financement pour l'aide humanitaire

Des enfants malnutris, dont beaucoup souffrent de diarrhée, dans un hôpital à Mogadiscio, en Somalie. Photo ONU/Tobin Jones

12 mai 2017 – Au lendemain de la Conférence internationale sur la Somalie qui s'est tenue jeudi à Londres, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi avoir révisé à la hausse ses besoins de financement pour l'aide humanitaire destinée aux déplacés internes et réfugiés somaliens.

488 millions de dollars sont désormais nécessaires pour poursuivre en 2017 l'acheminement d'une aide durable aux Somaliens fuyant les violences et la sécheresse, a précisé un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse à Genève. Ce montant mis à jour tient compte d'une demande supplémentaire de 91 millions de dollars pour les personnes déplacées internes mais aussi pour les Somaliens qui sont réfugiés en Ethiopie, au Kenya et au Yémen.

La crise prolongée en Somalie - l'une des plus anciennes – a déraciné plus de deux millions de Somaliens. Le nombre de déplacés internes en Somalie est estimé par le HCR à 1,5 million de personnes auxquels s'ajoutent près de 900.000 personnes réfugiées en dehors du pays. Les réfugiés somaliens se trouvent principalement au Kenya (308.700), en Éthiopie (247.000), au Yémen (255.000) et à Djibouti (13.000). Nombre d'entre eux sont des réfugiés de troisième génération.

L'appel de fonds du HCR vise également à couvrir les besoins de quelque 250.000 personnes les plus vulnérables parmi les nouveaux déplacés, y compris ceux qui sont obligés de quitter la Somalie en raison de la sécheresse et de l'insécurité persistante. Les ressources demandées doivent également permettre à l'agence des Nations Unies pour les réfugiés de financer le retour et la réintégration de 50.000 rapatriés somaliens du Kenya et 10.000 du Yémen.

La Somalie est confrontée à un nouvel épisode de sécheresse et risque toujours de se retrouver au bord de la famine. Selon le HCR, ces contraintes climatologique et humanitaire sont la cause d'importants mouvements de populations.

En plus des déplacements internes liés aux conflits et à la famine, certains Somaliens prennent le chemin inverse. Depuis décembre 2013, plus de 60.800 Somaliens qui s'étaient réfugiés au Kenya sont rentrés dans leur pays. 30.600 Somaliens sont revenus du Yémen depuis mars 2015. Parallèlement, un grand nombre de Somaliens continuent de s'exiler vers les pays voisins. Depuis le début de l'année, plus de 4.500 Somaliens fuyant la sécheresse ou l'insécurité ont été enregistrés à Melkadida, en Éthiopie. Environ 75 % des enfants nouvellement arrivés souffrent de malnutrition aiguë.

En Somalie, les organismes humanitaires sont confrontés à d'importants défis dans l'acheminement de l'aide, en raison notamment de l'insécurité, des restrictions à l'accès humanitaire, de moyens de subsistance limités, d'un manque de services de base et du mauvais état des infrastructures.

Or le risque actuel de famine, avec des informations faisant état de décès et de maladies causés par des facteurs liés à la sécheresse, complique encore davantage la vie quotidienne des Somaliens. Plus de 6,2 millions de personnes - la moitié de la population de la Somalie - ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire.


News Tracker: autres dépêches sur la question

A une conférence à Londres, le chef de l'ONU plaide pour un nouveau partenariat avec la Somalie

En savoir plus