Renforcer la réponse de l'ONU à l'exploitation et aux atteintes sexuelles

Une mère et son enfant, dans un camp de réfugiés dans la région lac du Tchad. Le Département chargé de lutter contre l’exploitation sexuelle a indiqué qu’il travaillera en étroite collaboration avec les États membres pour effectuer des tests ADN en vue d’établir la paternité et assurer la reconnaissance des droits de la mère et de l’enfant. Photo:

19 avril 2017 – Suite à un rapport sur l'exploitation et les atteintes sexuelles commises par des soldats de la paix en République centrafricaine, l'ancien Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a nommé en février 2016 Jane Holl Lute comme Coordonnatrice spéciale pour l'amélioration de la réponse de l'Organisation à l'exploitation et aux atteintes sexuelles.

Près d'un an plus tard, le 6 janvier 2017, l'actuel Secrétaire général, António Guterres, a demandé à Mme Lute de diriger un groupe de travail de haut niveau pour améliorer l'approche des Nations Unies pour prévenir et réagir à l'exploitation et aux atteintes sexuelles.

« Le Secrétaire général - avant même de prendre officiellement ses fonctions - a clairement indiqué qu'il avait l'intention d'être associé personnellement et continuellement à tous les efforts pour débarrasser cette Organisation de ce fléau », a déclaré Mme Lute, dans un entretien accordé à ONU Info quelques-uns jours avant la publication du rapport du Secrétaire général intitulé 'Dispositions spéciales visant à prévenir l'exploitation et les atteintes sexuelles : une nouvelle stratégie'.

Dans cet entretien, Mme Lute s'est faite l'écho de la préoccupation du Secrétaire général pour qui « l'inégalité profonde entre les sexes est au cœur de ce que sont l'exploitation et les atteintes sexuelles ».

Une nouvelle stratégie

« Nous devons faire mieux et nous devons faire plus », souligne Mme Lute, en décrivant une stratégie de l'ONU en quatre volets pour lutter contre l'exploitation et les atteintes sexuelles.

Afin de faire des victimes la priorité, António Guterres a annoncé qu'il avait l'intention de nommer au siège de l'ONU un défenseur des droits des victimes, tout en demandant à chacune des quatre missions sur le terrain des Nations Unies qui représentent le plus grand nombre d'incidents d'en nommer un également.

Ces quatre missions de maintien de la paix se trouvent en République centrafricaine, en Haïti, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud.

Le chef du Département de l'appui aux missions, Atul Khare, qui est chargé de la lutte contre l'exploitation et les atteintes sexuelles dans les opérations de paix de l'ONU, explique dans un entretien séparé que des mesures ont été prises en étroite coopération avec les États membres pour faire face à ce fléau sur le terrain et fournir une assistance aux victimes. Par exemple, les besoins immédiats et urgents sont couverts par le budget de chaque mission et le Département collabore étroitement avec les États membres pour effectuer des tests ADN afin d'établir la paternité et assurer la reconnaissance des droits de la mère et de l'enfant.

En outre, un fonds d'affectation spéciale pour aider les victimes a été créé et les États membres peuvent y contribuent volontairement afin d'améliorer l'assistance médicale et psychosociale fournie aux victimes en coordination avec les agences humanitaires de l'ONU et les organisations non gouvernementales.

Les mesures préventives comprennent la formation obligatoire, la sensibilisation, la gestion des risques et un meilleur contrôle du passé du personnel militaire, policier ou civil, s'agissant des fautes antérieures commises alors qu'ils servaient au sein de l'ONU. Les mesures d'intervention comprennent le déploiement rapide d'équipes pour recueillir et préserver les preuves, des enquêtes rapides, des mesures disciplinaires immédiates telles que le rapatriement du personnel en uniforme lorsque l'auteur est connu et la suspension des paiements, et les poursuites pénales avec les États membres, y compris l'emprisonnement.

Pour M. Khare, les actes répréhensibles de certaines personnes ne devraient pas ternir le sacrifice de plus de 100.000 membres du personnel de maintien de la paix et de leurs pays respectifs. « Les protecteurs ne peuvent pas être des prédateurs », a-t-il insisté.

Alors que les États membres collaborent davantage avec l'ONU sur cette question, des efforts sont également entrepris pour sensibiliser les communautés vivant à proximité des bases de l'ONU, y compris par des messages diffusés par les stations de radio des Nations Unies sur le terrain.

De plus amples données sur les victimes, les allégations, les enquêtes et les mesures de responsabilisation sont également fournies grâce à un site web récemment remanié concernant le comportement et la discipline.

Dans le cadre des efforts de formation, des cartes 'Pas d'excuse' ont été créées pour l'ensemble du système des Nations Unies. Tous les employés des Nations Unies, y compris le personnel humanitaire et de maintien de la paix, doivent les avoir sur eux quand ils sont sur le terrain.


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'ONU établit un groupe de travail pour renforcer sa réponse face à l'exploitation et aux abus sexuels

En savoir plus