Centrafrique : la moitié de la population a toujours besoin d'une aide humanitaire d'urgence, selon l'ONU

Le nombre de personnes souffrant de faim en République centrafricaine (RCA) a doublé entre 2015 et 2016. Les conflits et l’insécurité limite la disponibilité et l’accès à la nourriture. Photo: OCHA Gemma Cortes

16 mars 2017 – Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a alerté jeudi sur la dégradation continue de la situation humanitaire en République centrafricaine (RCA).

Avec la recrudescence de la violence et la multiplication des foyers de tension depuis le mois de septembre 2016 et le premier trimestre 2017, plus de 100.000 nouveaux déplacés ont été enregistrés, portant le nombre total de déplacés internes à 402.240 personnes. Un Centrafricain sur cinq est soit déplacé soit réfugié dans les pays limitrophes, a souligné OCHA dans un communiqué.

Alors que cette situation crée de nouveaux besoins urgents, le financement de l'action humanitaire suit une tendance à la baisse amorcée depuis 2014. Le budget du Plan de réponse humanitaire 2017 pour la RCA d'un montant de 399,5 millions de dollars n'est financé à ce jour qu'à hauteur de 5%, soit 19 millions. En 2016, seuls 37% des 531,5 millions de dollars requis ont été mobilisés. Dans ce contexte, la RCA demeure le seul pays au monde où la moitié de la population doit sa survie à l'aide humanitaire.

« Ne laissons pas la Centrafrique devenir une crise oubliée ou négligée par le reste du monde », ont lancé de concert le Coordonnateur humanitaire par intérim en RCA, Michel Yao, et la Ministre des Affaires sociales et de la réconciliation de la RCA, Virginie Baikoua, aux partenaires techniques et financiers réunis le 15 mars 2017 à Yaoundé, au Cameroun, à l'occasion une session d'information sur la situation humanitaire.

Une situation sur le terrain fragilisée par le sous-financement chronique de l'action humanitaire

Si des progrès indéniables ont été réalisés, 2,2 millions de Centrafricains - soit la moitié de la population - dépend de l'aide humanitaire. « La République centrafricaine demeure une priorité absolue pour la communauté humanitaire » a rappelé M. Yao. Le sous-financement chronique de l'action humanitaire a entrainé une baisse perceptible de l'aide humanitaire en termes qualitatif et quantitatif. Cette baisse de l'aide s'est traduite par une réduction de moitié des rations alimentaires dans plusieurs régions du pays.

Des acteurs humanitaires se sont complétement retirés en divers endroits faute de financement alors qu'ils étaient souvent les seuls à procurer des services sociaux de base. La disparition de ces activités est déplorable notamment dans le secteur de la santé. En 2016, les dernières estimations montraient que 56% des infrastructures de santé étaient tenues par les humanitaires.

En l'absence de financement adéquat, la fragilité de la situation en RCA risque d'hypothéquer les acquis obtenus et pourrait plonger le pays dans une crise humanitaire plus aiguë. M. Yao et Mme Baikoua ont à nouveau appelé à la générosité des donateurs afin de mieux répondre aux nouveaux besoins exprimés en RCA et faire face à ceux qui préexistaient.

Le Conseil de sécurité doit se réunir jeudi après-midi à New York pour discuter de la situation en RCA. Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous et le Président de la RCA, Faustin-Archange Touadéra, devaient intervenir devant les membres du Conseil sur les derniers développements en Centrafrique.


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