L'ONU lance une "plate-forme de champions" appelant à mettre fin à l'écart salarial global entre hommes et femmes

Lancement de la Plate-forme des champions pour l’égalité de rémunération dans la Salle de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 13 mars 2016. ONU Femmes / Ryan Brown

14 mars 2017 – Les femmes étant payées en moyenne 23% de moins que les hommes, l'ONU a lancé lundi un réseau de haut niveau pour réclamer l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale.

« Nous voulons un salaire égal aujourd'hui », ont déclaré l'actrice américaine, Patricia Arquette, et la médaillée d'or olympique et superstar du football, Abby Wambach, dans la salle de l'Assemblée générale des Nations Unies lundi soir lors du lancement de la 'Plate-forme des Champions pour une rémunération égale'.

Faisant partie de la Coalition mondiale des Nations Unies pour l'égalité des salaires dirigée par l'Organisation internationale du Travail (OIT) et l'Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes), cette plate-forme coïncidait avec la journée d'ouverture de la 61e Commission sur le statut des femmes (CSW) – le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes. Cette année, le thème de la CSW porte sur l'autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en évolution.

« L'écart de rémunération entre les sexes reflète la position injustement amoindrie de nombreuses femmes dans la société et contribue à les y maintenir », a déclaré la Directrice exécutive de l'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Soulignant les grands noms qui ont rejoint la Plate-forme qui, en plus de Mme Arquette et de Mme Wambach, rassemble des dirigeants des syndicats, de la société civile, de gouvernements, du secteur privé, et du cinema, Mme Mlambo-Ngcuka a dit espérer faire de l'inégalité flagrante que subissent les femmes « une pensée du passé ».

L'objectif de la Plate-forme est d'appeler à un soutien accru en sensibilisant de manière proactive les décideurs et les responsables politiques, précise un communiqué de presse concernant l'événement.

S'exprimant lors du lancement de la Plate-forme, Mme Arquette a déploré que le fait que « les femmes deviennent parfois invisibles si elles ne sont pas vues au-delà de la valeur des hommes avec qui elles sont ».

Selon les chiffres mondiaux, les femmes ne gagnent que 77 cents pour chaque dollar gagné par les hommes pour le même poste de travail. Au fil du temps, cette inégalité des revenus entraîne un plus grand nombre de femmes dans la pauvreté.

« La quête de l'autonomisation économique des femmes sera perdue ou gagnée dans le monde du travail », a déclaré le Directeur général de l'OIT, Guy Ryder. Le chef de l'organisation siégeant à Genève a souligné l'importance de savoir si et comment les femmes entrent sur le lieu de travail et dans quels types d'emplois.

L'une des principales raisons de l'écart entre les sexes est que les femmes ont tendance à être concentrées dans des emplois différents de ceux des hommes - par exemple dans l'enseignement ou les soins de santé - qui ont tendance à être sous-payés.

Mais les différences existent également lorsqu'hommes et femmes travaillent dans le même secteur professionnel.

Mme Wambach a ainsi déclaré être « en colère parce que je dois m'inquiéter de payer mes factures, même si j'ai gagné plus de Coupes du Monde que Cristiano (Ronaldo)», se référant au footballeur portugais.

Avant le lancement de cette plate-forme, ONU Femmes a lancé sa campagne #StopTheRobbery pour mobiliser les gens ordinaires et les sensibiliser à l'écart salarial entre hommes et femmes.


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