Yémen : l'ONU condamne une frappe aérienne meurtrière dans la région de Sanaa

Des millions de Yéménites ont besoin d’une assistance humanitaire (archives). Photo OCHA Yémen

16 février 2017 – L'Envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, et le Coordonnateur humanitaire dans ce pays, Jamie McGoldrick, ont condamné une frappe aérienne qui a touché un rassemblement funéraire, tuant six femmes et une fillette et blessant au moins 15 autres personnes dans le district d'Arhab, dans le gouvernorat de Sanaa, mercredi.

Ce n'est pas la première fois qu'un rassemblement funéraire est touché par des frappes aériennes, et ce n'est pas la première fois que des femmes et des enfants sont tués dans des locaux civils tels que des hôpitaux, des écoles et des maisons privées, a noté M. McGoldrick.

« Je suis alarmé de voir que ces morts tragiques ont entraîné une escalade des combats, des informations faisant état d'un tir de missile balistique dans la région d'Asir en Arabie saoudite, en représailles. Cet incident survient à un moment de graves souffrances au Yémen où les restrictions imposées aux importations causent une pénurie alimentaire et des hausses de prix qui ont pour effet d'aggraver l'insécurité alimentaire et la malnutrition dans ce pays », a-t-il ajouté.

Ismail Ould Cheikh Ahmed a aussi dénoncé ces attaques aveugles par toutes les parties au conflit dans des zones résidentielles « au mépris des règles du droit humanitaire international ». « Les attaques contre les civils sont injustifiables, quelles que soient les circonstances. Les femmes et les enfants en particulier sont soumis à des souffrances indicibles dans ce conflit brutal. Il faut que cela cesse immédiatement », a-t-il dit.

« J'appelle toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et à respecter le caractère sacré de la vie des civils », a-t-il ajouté.

Selon l'Envoyé spécial, les affrontements militaires actuels sur la côte de la mer Rouge aggravent également une situation humanitaire catastrophique. Ils risquent d'entraver les importations, « ce qui pourrait avoir un impact terrible sur la sécurité alimentaire pour de grandes parties de la population ».

« J'exhorte toutes les parties à assurer le libre mouvement des approvisionnements commerciaux et humanitaires, sans lesquels des millions de Yéménites risquent la mort et la famine », a-t-il dit, ajoutant que cette dégradation de la situation humanitaire montre une fois de plus la nécessité de mettre fin à la violence et d'arriver à une solution au conflit grâce à un processus politique.

Le Coordonnateur humanitaire a également noté que l'aéroport de Sanaa restait fermé aux vols commerciaux, « ce qui limite les possibilités pour ceux qui ont besoin de ce service d'accéder à des soins médicaux vitaux et ce qui limite les mouvements à l'intérieur et à l'extérieur du pays ».

« Le peuple du Yémen souffre depuis trop longtemps. La paix est la seule solution qui aidera à mettre fin à la souffrance au Yémen », a dit Jamie McGoldrick, qui a appelé toutes les parties à revenir à la table de négociation.


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