Centrafrique : le chef des opérations de paix affiche un optimisme prudent sur la situation dans le pays

Une jeune fille lit un livre dans un abri de fortune dans un camp de déplacés à Bangui, en République centrafricaine. Photo UNICEF/Tanya Bindra (archives)

15 février 2017 – Devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a déclaré mercredi que la République centrafricaine (RCA), qui se tenait « au bord de l'abîme » il y a encore trois ans, était « en train d'aller de l'avant sous la direction du Président Faustin-Archange Touadéra », malgré la persistance de la violence.

« La situation sécuritaire à Bangui, dans son ensemble, s'est progressivement stabilisée au cours de ces derniers mois », a déclaré M. Ladsous soulignant que les violences associées à la transhumance dans le nord-ouest du pays continuaient, contrastant avec le calme relatif qui règne dans la capitale centrafricaine.

Des violences à connotation ethnique

« Les affrontements en cours entre des factions rivales ex-Séléka, à savoir le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), minent la région centrale, notamment en portant une connotation ethnique inquiétante », a-t-il alerté. Le Secrétaire général adjoint a averti que ces combats, principalement alimentés par des luttes de pouvoir et des conflits sur le contrôle des ressources, menaçaient de mettre à mal le processus de paix dans le pays et aggravaient une situation humanitaire déjà « alarmante ».

« La violence qui persiste et la réticence de certains groupes à rejoindre le cadre proposé par le Président Touadéra est une source de grave préoccupation », a poursuivi M. Ladsous. Afin d'y remédier, le Secrétaire général adjoint a appuyé l'Initiative africaine pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et tous les groupes armés dans le pays, lancée notamment par l'Union africaine, qui vise à la résolution du conflit et à l'instauration d'une paix durable.

M. Ladsous a souhaité que cette initiative africaine s'appuie sur les efforts du Président Touadéra et a jugé nécessaire que les griefs légitimes des groupes armés ne relèguent pas au second plan les aspirations de la vaste majorité des Centrafricains.

« Malgré la situation sécuritaire dans certaines parties du pays, des progrès ont été enregistrés s'agissant du cadre de dialogue formel avec les groupes armés sur le désarmement, la démobilisation, la réintégration et le rapatriement établi par le Président », a-t-il dit, précisant que 12 des 14 groupes armés y participaient.

Parmi les autres avancées, le chef des opérations de maintien de la paix a mentionné le lancement d'une campagne nationale de recrutement de 500 policiers et gendarmes, le déploiement prochain d'un premier contingent centrafricain formé par l'Union européenne (UE) et la nomination, annoncée mercredi, d'un procureur spécial auprès de la Cour pénale spéciale.

VIDEO: La MINUSCA s’est adaptée à la situation évolutive en Centrafrique annonce le chef du maintien de la paix

Une situation humanitaire toujours critique

M. Ladsous a également détaillé la situation humanitaire en RCA qui se dégrade en raison de la violence dans les régions et d'une diminution de l'aide internationale.

« Avec environ 2, 2 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ayant besoin d'une aide alimentaire, et environ 100.000 personnes nouvellement déplacées, la diminution des ressources financières est extrêmement préoccupante », a-t-il dit.

M. Ladsous a, toutefois, souligné « l'inébranlable solidarité » de la communauté internationale avec le peuple centrafricain, marquée par les promesses de don de plus de 2,2 milliards de dollars enregistrées lors de la Conférence de Bruxelles pour la RCA organisée sous les auspices de l'UE en novembre 2016.

« Le Cadre d'engagement mutuel signé lors de cette conférence sera un mécanisme important pour un partenariat durable entre la République centrafricaine et la communauté internationale », a affirmé le Secrétaire général adjoint qui a promis l'appui de l'ONU à la RCA en vue d'une bonne mise en œuvre de ce cadre.

Réactivité et flexibilité de la MINUSCA

M. Ladsous a souligné la détermination de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à utiliser la force pour protéger les civils, comme l'a montré son intervention, le 13 février, contre une colonne de 300 éléments de la coalition menée par les FPRC.

« La Mission, ainsi que les forces de Sangaris et de l'UE, ont permis d'empêcher des atrocités de masse et l'effondrement total de l'État centrafricain », a déclaré le chef des Casques bleus, se félicitant du retour de l'ordre constitutionnel dans le pays, qui est aujourd'hui doté d'un Parlement fonctionnel, tandis que l'autorité de l'État se restaure progressivement.

Près de trois ans après sa création, la MINUSCA a également diminué le nombre de ses bases d'opération aux fins d'une plus grande flexibilité.

« Les progrès ne doivent pas s'arrêter là », a poursuivi M. Ladsous, appelant à tirer les leçons du passé et à poser les bases d'une paix et d'un développement durable dans le pays, même si la MINUSCA ne saurait être perçue « comme la réponse à tous les défis ». « Je continue de croire que rétablir une paix durable en RCA est à notre portée à tous, collectivement », a conclu le Secrétaire général adjoint.


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