RDC : l'ONU condamne l'usage excessif et disproportionné de la force lors d'affrontements au Kasaï central

Le Palais Wilson qui abrite le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) à Genève. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

14 février 2017 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit mardi profondément préoccupé par le nombre élevé de décès signalés dans la province du Kasaï central, en République démocratique du Congo (RDC), qui, si cela est confirmé, suggère un usage excessif et disproportionné de la force par les soldats congolais.

De troublants rapports reçus par le HCDH font état d'au moins 101 personnes tuées en RDC par des soldats lors d'affrontements avec des membres d'une milice locale entre le 9 et 13 février. Ces affrontements auraient eu lieu sur le territoire de Dibaya entre les forces armées de RDC (FARDC) et les membres de la milice Kamuina Nsapu, fidèles à un chef local tué par l'armée le 12 août dernier.

Une grande partie des violences les plus récentes auraient eu lieu dans et autour de la ville de Tshimbulu. Selon des informations provenant de plusieurs sources, les soldats des FARDC ont ouvertement tiré avec des mitrailleuses lorsqu'ils ont vu les miliciens, armés principalement de machettes et de lances. Environ 39 femmes auraient été prises dans les échanges de tirs et figureraient parmi les personnes décédées.

« Nous condamnons tout recours excessif à la force et demandons aux soldats des FARDC de se conformer à des normes acceptables du droit national et du droit international relatif aux droits de l'homme dans leurs réponses », a déclaré la porte-parole du HCDH, Liz Throssel, lors d'un point de presse à Genève.

Le HCDH a également demandé aux FARDC de faire particulièrement preuve de retenue et de recourir à la force uniquement lorsque cela est nécessaire et de manière proportionnée à la menace, de minimiser les dommages et préjudices, et de respecter et préserver les vies humaines. Il a également exhorté les commandants militaires des FARDC à renforcer ce message auprès de leurs troupes.

L'ONU documente les atrocités perpétrées des deux côtés

La milice Kamuina Nsapu tire son nom d'un chef coutumier qui a été tué par les FARDC en août 2016.

« Nous condamnons la pratique de la milice de recruter des enfants dans ses rangs ainsi que le fait qu'elle cible des symboles et des institutions de l'État comme les bâtiments gouvernementaux, des postes de polices et des églises », a indiqué Mme Throssel.

La porte-parole du HCDH a annoncé que le Bureau commun des droits de l'homme de l'ONU en RDC cherche à vérifier le nombre exact de victimes et appelle à une enquête complète et indépendante sur ces dernières violences.

« Depuis le mois d'août, nous documentons les atrocités perpétrées des deux côtés et nous offrons notre soutien aux autorités pour enquêter sur les graves violations des droits de l'homme commises dans le contexte du conflit en cours au Kasaï Central, tant par les FARDC que par la milice », a-t-elle précisé. « Compte tenu de la violence qui continue de se produire, nous réitérons également notre appel à des efforts accrus pour trouver des solutions durables aux conflits avec les chefs coutumiers dans la province du Kasaï Central».


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