Libye : le Conseil de sécurité proroge de neuf mois le mandat de la mission de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU. Photo ONU/Manuel Elias

13 décembre 2016 – Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé mardi de proroger le mandat de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), jusqu'au 15 septembre 2017.

En adoptant à l'unanimité la résolution 2323 (2016), les 15 ont également décidé de charger la MANUL de mener des activités de médiation et des missions de bons offices, « dans le strict respect du principe d'appropriation nationale ».

Aux termes de cette résolution, la MANUL doit notamment appuyer la mise en œuvre de l'Accord politique libyen signé le 17 décembre 2015 à Skhirat, au Maroc, qui prévoit la formation d'un Gouvernement d'entente nationale. Elle doit aussi appuyer le renforcement des dispositions de ce gouvernement en matière de gouvernance, de sécurité et d'économie, ainsi que les étapes ultérieures de la transition libyenne.

Le Conseil demande également à la MANUL de coordonner l'assistance internationale et d'appuyer le gouvernement d'entente nationale dans son action visant à stabiliser les zones sortant d'un conflit, y compris celles reprises à l'organisation terroriste Daech.

Mettre fin à la « détention inhumaine » des migrants

Dans un rapport publié le même jour, la MANUL et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) ont conclu que la dégradation de la justice libyenne a conduit à un état d'impunité où les migrants sont soumis à de graves violations des droits de l'homme et à des abus.

« Les personnes victimes du trafic d'êtres humains en Libye sont soumises à la torture, au travail forcé et à l'exploitation sexuelle au cours de leur périple et nombre d'entre elles sont également détenues arbitrairement », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (UNSMIL), Martin Kobler.

« La liste des violations et des abus auxquels sont confrontés les migrants en Libye est aussi longue que terrible. Il s'agit tout simplement d'une crise des droits de l'homme qui touche des dizaines de milliers de personnes », a pour sa part souligné le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Selon ce rapport conjoint, les migrants en Libye sont détenus dans des centres de détention où il n'y a «pas d'enregistrement formel, pas de procédure judiciaire, et pas d'accès aux avocats ou aux autorités judiciaires ». Les lieux de détention sont sévèrement surpeuplés, manquent de nourriture et d'eau potable. Sans accès aux toilettes, les détenus sont souvent obligés de déféquer et d'uriner dans leurs cellules. La malnutrition, la diarrhée aiguë, les problèmes respiratoires et les maladies infectieuses, y compris la gale et la varicelle, sont fréquents.

« La Libye doit reconnaître que les migrants sont victimes de mauvais traitements », a dit M. Kobler. « Mais la question de la migration n'est pas seulement la responsabilité de la Libye. Les pays d'origine et de destination au-delà de la Libye doivent également jouer leur rôle », a-t-il ajouté, félicitant les efforts de sauvetage que font actuellement de nombreux pays de la Méditerranée.

Le rapport recommande de libérer immédiatement les migrants les plus vulnérables, de réduire le nombre de centres de détention, de veiller à ce que les femmes soient séparées des hommes, d'améliorer les conditions de détention, de protéger les détenus contre la torture et toutes autres formes de violence, de décriminaliser la migration irrégulière et d'adopter une loi sur l'asile.


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