Le chef des droits de l'homme de l'ONU exhorte les Etats à se rallier autour de la Cour pénale internationale

Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Photo ONU/Pierre Albouy

16 novembre 2016 – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a défendu mercredi la Cour pénale internationale (CPI), suite à la décision de l'Afrique du Sud, du Burundi et de la Gambie de se retirer de la juridiction ayant son siège à La Haye, au Pays-Bas.

S'exprimant à l'Assemblée des États parties au Statut de Rome de la CPI actuellement réunie jusqu'au 24 novembre à La Haye, M. Zeid a exhorté la communauté internationale à « épauler collectivement cette institution», estimant que le retrait des Etats de la CPI avait pour but de « protéger leurs dirigeants contre les poursuites ».

« Les victimes de crimes fondamentaux auront du mal à comprendre pourquoi ils sont abandonnés par ces États - avec ceux qui n'ont jamais adhéré (à la CPI) - et pourquoi ils sont de nouveau victimes, alors que ces retraits nient leur droit de recours et de réparation », a déclaré le Haut-Commissaire. « Bien que les puissants puissent craindre la Cour, les victimes, partout, plaident pour son implication ».

Le Haut-Commissaire s'est dit attristé par cet état de choses rappelant que les pays africains ont été l'épine dorsale de cette Cour et que leur leadership, en particulier dans les premiers jours, a été exemplaire. « Je suis heureux que de nombreux pays africains, dont le Botswana, la Côte d'Ivoire, le Nigéria, le Malawi, le Sénégal, la Tanzanie, la Zambie et la Sierra Leone, aient indiqué qu'ils ne partiront pas », s'est-il toutefois félicité.

Pour le chef de droits de l'homme de l'ONU, les défis d'aujourd'hui ne sont pas le premier test sévère auquel la Cour doit faire face et ils ne seront pas les derniers.

« Une nouvelle tendance de leadership isolationniste et sans principe se développe à travers le monde », a fait remarquer M. Zeid. « Des attaques renouvelées contre la Cour pourraient bien être en cours », a-t-il prévenu, soulignant qu'il faudra tout le courage et les ressources des États parties véritablement engagés pour résister à de tels défis.

« Ce n'est pas le moment d'abandonner le poste. C'est le temps de la résolution et de la fermeté », a conclu le Haut-Commissaire.


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