La République centrafricaine assure avoir tourné la page de l'instabilité

Le Président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo ONU/Cia Pak

23 septembre 2016 – Le Président de la République centrafricaine (RCA), Faustin Archange Touadéra, a assuré vendredi que son pays avait « tourné une page sombre de son histoire » avec le retour à l'ordre constitutionnel après trois ans de troubles sanglants ayant nécessité le déploiement de forces internationales.

« Les Centrafricains sont plus que jamais déterminés à rompre définitivement avec le cycle de la violence pour aspirer légitimement à la paix, à la sécurité, à la justice, à la liberté et au développement durable », a déclaré M. Touadéra dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies.

Evoquant sa tâche de reconstruction du pays, il a affirmé qu'« aucun Etat ne peut prétendre au développement tant que son tissu économique, social, voire politique, reste gangrené par les maux que sont la corruption, l'injustice et l'impunité ». Il a promis que son gouvernement « ne ménagera aucun effort pour mettre en place un mécanisme de lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière ».

Reconnaissant que la situation dans son pays « reste encore fragile », le Président centrafricain a rappelé s'être engagé à « conduire une œuvre de transformation politique, économique, sociale et culturelle qui va permettre de conjurer les périls que sont l'insécurité, la désagrégation des institutions publiques, la corruption, la dégradation des conditions de vie et la perte des repères moraux qui minent notre société ».

Il a précisé que cette action s'articulera autour de plusieurs grands axes : paix et sécurité, réconciliation nationale, réforme de l'administration, relance économique, justice et droits de l'homme.

Concernant la réforme du secteur de la sécurité, M. Touadéra a plaidé en faveur d'une « grande mobilisation » des partenaires de la RCA lors de la prochaine conférence de Bruxelles prévue le 17 novembre, en vue de leur contribution au financement de ce volet.

Rappelant par ailleurs qu'il s'est fixé l'objectif d'assurer la présence des pouvoirs publics sur l'ensemble du territoire centrafricain afin de garantir paix et sécurité, il a mis en relief la nécessité de refonder les Forces armées centrafricaines pour permettre de mettre en place une armée républicaine inclusive. Pour ce faire, il a plaidé en faveur d'une « levée totale de l'embargo sur les armes imposé à la RCA qui, même si nécessaire en son temps, ne se justifie plus aujourd'hui en cette nouvelle ère de reconstruction nationale ».


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