Soudan du Sud : les déplacées demandent au Conseil de sécurité le déploiement de la Force de protection régionale

Une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies visite un camp de déplacés internes à Juba, le 3 septembre 2016. Photo ONU

4 septembre 2016 – Au deuxième jour de sa visite au Soudan du Sud, une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies a rencontré samedi des personnes déplacées vivant dans des camps appelés 'sites de protection des civils', afin de voir de leurs propres yeux « les conséquences humaines de l'échec des dirigeants politiques à ramener la paix dans leur pays ».

« Nous avons entendu des appels désespérés pour le déploiement rapide de la Force de protection régionale," a déclaré aux journalistes, l'Ambassadeur des États-Unis, Samantha Power, se référant à la force de 4.000 hommes approuvée par une résolution du Conseil de sécurité qui a également renouvelé le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Dirigée par les Représentants permanents du Sénégal et des Etats-Unis, la délégation du Conseil comporte des représentants de tous les autres Etats membres permanents ainsi que des 10 autres Etat membres non-permanents.

“Nous avons entendu des appels pour que l'accord de paix soit pleinement mis en œuvre. Les gens dans ces camps ressentent l'accord politique qui a été convenu comme le dernier meilleur espoir pour eux », a dit Mme Power ajoutant que la délégation du Conseil a également entendu des appels pour que la présence de maintien de la paix des Nations Unies soit plus active et patrouille afin d'apporter à la population, la protection que les forces de sécurité gouvernementales ne proposent pas.

Au début du mois de juillet, à l'approche du cinquième anniversaire de l'indépendance du pays, la plus jeune nation du monde a été plongé dans la violence en raison d'affrontements entre des forces rivales opposant l'Armée de libération du peuple du Soudan (ALPS), fidèle au Président Salva Kiir, et l'Armée de libération du peuple du Soudan en opposition, qui soutient l'ancien premier Vice-président Riek Machar. Ces violences ont conduit à des décès et des blessés, y compris ceux de plusieurs soldats de la paix MINUSS, sapant également la mise en œuvre de l'accord de paix entre le président Kiir et M. Machar signé en août 2015 et qui avait officiellement mis fin à leurs différends.

Le Conseil, ainsi que divers responsables supérieurs de l'ONU, dont le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se sont exprimés à plusieurs reprises au cours des violences, les condamnant et appelant au calme et à la sécurité des civils.

Dans les sites visités, Mme Power a indiqué que la délégation du Conseil a rencontré de nombreuses personnes témoins des échanges de tirs durant la crise qui a eu lieu il y a environ deux mois.

Mme Power a également déclaré que la délégation du Conseil a rencontré des femmes qui ont décrit la flambée de violences sexuelles contre les femmes qui quittent les camps pour chercher du bois afin de pouvoir cuisiner pour leur famille et pour leurs enfants.

« En tant que mère, je ne peux imaginer qu'un choix. Le choix de cuisiner pour mes enfants ou le choix de subir des violences sexuelles en dehors du camp. Je sais que j'irai prendre ce risque pour mes enfants. Je pense que toute mère le ferait », a souligné la représentante américaine.

Pas un Soudanais du Sud à qui la délégation a parlé, ne veut vivre dans ces sites de 'protection des civils'. Beaucoup d'hommes ont décrit la vie sur ces sites comme 'une sorte de prison." « Ils veulent que cette peine de prison cesse et la seule façon pour que cela cesse est de voir la force de l'ONU se lever à pleine puissance, la Force de protection régionale se déployer et l'accord de paix mis en œuvre», a déclaré Mme Power.


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