« Le monde a ignoré l'hépatite à ses risques et périls », prévient l'OMS

Vaccination contre l’hépatite B en Argentine. Photo OMS/PAHO

20 juillet 2016 – A quelques jours de la Journée mondiale contre l'hépatite, célébrée chaque année le 28 juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mercredi les pays à renforcer les tests de dépistage et l'accès aux traitements pour les 400 millions d'individus dans le monde infectés par l'hépatite B ou C.

« Le monde a ignoré l'hépatite à ses risques et périls », a déclaré dans un communiqué de presse la Directrice générale de l'OMS, Dr Margaret Chan. « Il est temps de mobiliser une réponse globale contre l'hépatite qui soit d'une ampleur comparable à celle générée pour lutter contre d'autres maladies transmissibles, telles que le VIH/sida et la tuberculose », a-t-elle ajouté.

Selon l'OMS, le nombre de personnes atteintes de l'hépatite B ou C dans le monde est plus de 10 fois supérieur à celui des personnes infectées par le VIH. Seulement une personne atteinte de l'hépatite virale sur 20 a conscience de l'être et seulement 1 sur 100 reçoit un traitement.

En mai dernier, l'Assemblée mondiale de la Santé, l'organe exécutif de l'OMS, a appelé à traiter 8 millions de personnes atteintes de l'hépatite B ou C d'ici 2020, à réduire les nouvelles infections d'hépatite virale de 90%, et à diminuer le nombre de décès liés à la maladie de 65% entre 2016 et 2030.

« Nous devons agir maintenant pour empêcher les gens de mourir inutilement de l'hépatite », a de son côté déclaré le Directeur du département de l'OMS en charge de la lutte contre le VIH de l'hépatite, Dr Gottfried Hirnschall.

Il a rappelé que l'hépatite B et C se transmettent par le sang, ainsi que par les aiguilles et seringues, soit dans les établissements de santé, soit chez les personnes qui consomment des drogues injectables. Ces deux virus peuvent également être transmis de la mère à l'enfant ou en ayant des rapports sexuels non protégés.

A l'heure actuelle, l'OMS a indiqué qu'il existait un vaccin contre l'hépatite B, mais pas contre l'hépatite C. Selon l'agence, certains pays, comme l'Egypte, tentent toutefois de réduire le taux d'infection du virus en abaissant le prix des traitements disponibles pour l'hépatite C.

En 2014, l'OMS a indiqué que 184 pays vaccinaient les nourrissons contre l'hépatite B, comparé à 31 pays en 1992, et que 82% des enfants dans ces pays ont reçu un vaccin contre l'hépatite B cette année-là.

En outre, l'agence a souligné l'importance de renforcer les mesures de sécurité en matière de transfusion du sang, y compris en se dotant d'un dépistage de qualité et systématique. L'OMS a également insisté sur l'adoption de pratiques d'injection sécurisées, de services de réduction des risques pour les consommateurs de drogues injectables, mais aussi de pratiques sexuelles plus sûres, y compris via la réduction du nombre de partenaires et l'utilisation de préservatifs.


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