Violence sexuelle en temps de conflit : l'ONU donne la priorité à la prévention et l'intervention précoce

Le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson. Photo : ONU / Eskinder Debebe

21 juin 2016 – Lors d'un évènement en l'honneur de la Journée internationale pour l'élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, célébrée chaque 19 juin, le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, a appelé mardi à mettre un terme à la stigmatisation des victimes et à donner la priorité aux efforts de prévention et d'intervention précoce.

« Dans les conflits à travers le monde, les femmes et les filles, les hommes et les garçons, sont soumis à des actes horribles de violence sexuelle. Ces actes, y compris le viol, l'esclavage sexuel, le mariage forcé et la torture sexuelle, constituent des violations odieuses des droits de l'homme et de la dignité humaine », a déclaré M. Eliasson lors d'un évènement au siège de l'ONU, à New York, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général de chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Bangura, et de la Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Leila Zerrougui.

Le Vice-Secrétaire général a rappelé que, le 19 juin 2008, la communauté internationale a décidé de prendre des mesures pour inscrire la violence sexuelle liée aux conflits à l'ordre du jour de la paix, ce qui s'est traduit par l'adoption de la résolution 1820 du Conseil de sécurité de l'ONU.

« Je me souviens des années au cours desquelles nous avons constaté un recours de plus en plus important à la violence sexuelle, utilisée comme méthode de guerre, et c'était en effet le moment opportun de porter cette question à l'attention du Conseil de sécurité », s'est remémoré M. Eliasson.

Il a ajouté qu'en 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de commémorer cette avancée en désignant le 19 juin comme la Journée internationale pour l'élimination de la violence sexuelle dans les conflits.

« Cette journée nous rappelle notre mission. Nous devons être solidaires avec les victimes et les survivants de la violence sexuelle. Et nous devons soutenir ceux qui travaillent sur les lignes de front pour combattre ce fléau », a déclaré M. Eliasson.

Il a appelé à donner la priorité aux efforts de prévention et d'intervention précoce pour fournir une assistance complète.

« La violence sexuelle est unique en ce qu'elle stigmatise souvent la victime, plutôt que l'auteur du crime », a-t-il dénoncé, appelant à tenir les auteurs pour responsables de leurs actes.

La responsabilité, a insisté le Vice-Secrétaire général, est un « puissant moyen de dissuasion », ainsi qu'un devoir moral envers ceux qui souffrent.

Il a également appelé à fournir aux victimes un soutien à la réinsertion sociale et économique.

« Les enfants nés d'un viol nécessitent une attention particulière », a-t-il ajouté, soulignant également la nécessité d'apporter un soutien aux hommes et garçons qui ont subi des violences sexuelles et vivent avec des traumatismes à vie.

M. Eliasson a aussi plaidé pour qu'une attention spécifique soit donnée aux réfugiés et personnes déplacées, qui peuvent également être victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle.

« Ce genre de dialogue ouvert peut aider à mettre fin à la stigmatisation et au silence qui protège les auteurs de violences sexuelles et victimise encore davantage les survivants », a dit le Vice-Secrétaire général de l'ONU.


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