Yémen : l'ONU s'inquiète de l'augmentation des victimes civiles dans les raids aériens

Les conséquences d’un bombardement aérien de la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen. Photo : Almigdad Mojalli / IRIN

4 mars 2016 – Le nombre de victimes civiles continue d'augmenter au Yémen, notamment en raison des frappes aériennes de la coalition, a déploré vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Au cours du mois de février 2016, au moins 168 civils ont été tués par les combats au Yémen et 193 autres blessés, dont les deux tiers d'entre eux lors de raid aériens menés par la coalition, a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève. Sur l'ensemble du pays, 117 civils ont été tués et 129 autres blessés à la suite de frappes aériennes, en majorité dans la capitale Sanaa, a-t-il précisé.

« En novembre de l'année dernière, il y a eu une diminution marquée du nombre de victimes de raids aériens, mais depuis, elles ont de nouveau augmenté fortement et le nombre de morts a presque doublé entre janvier et février », s'est inquiété le porte-parole du HCDH, ajoutant que le nombre de victimes civiles enregistrées le mois dernier était le plus élevé depuis septembre 2015.

Depuis le 26 mars 2015, le HCDH estime qu'au total 3.081 civils ont trouvé la mort et 5.733 ont été blessés suite au conflit, a indiqué M. Colville.

Lors d'un raid aérien, mené le 27 février 2016 contre le marché Khaleq du quartier de Nahem, à Sanaa, 39 civils ont été tués, dont neuf enfants, et 33 ont été blessés, a par ailleurs rappelé le porte-parole du HCDH, indiquant qu'il s'agissait là du raid le plus meurtrier des cinq derniers mois.

Les bombardements aveugles par les membres des comités populaires affiliés aux Houthis et les forces armées fidèles à l'ancien Président du Yémen Ali Abdallah Saleh Saleh ont tué 49 victimes civiles supplémentaires au cours du mois de février, principalement à Taez, Ibb et Al Jawf.

Dénonçant les destructions d'infrastructure civile, M. Colville a également mentionné des allégations jugées inquiétantes, selon lesquelles les forces de la coalition auraient largué des bombes à sous-munitions sur une zone montagneuse au sud de l'usine de fabrication de ciment à Amran, où une unité militaire fidèle aux Houthis semble avoir été ciblée.

En outre, le porte-parole du HCDH a indiqué que le 14 février, dans le gouvernorat d'Hadramaout, des hommes armés soupçonnés d'appartenir à Ansar Al-Charia, une branche d'Al-Qaida, ont fait sauter un monument historique, possiblement vieux de 500 ans, appelé Al-Sheikh Ismail.

« Nous prenons note de la déclaration du 31 janvier du porte-parole des forces de la coalition, concernant la mise en place d'une équipe multinationale formée par le commandement des forces de la coalition pour évaluer les mécanismes de définition des cibles militaires et les incidents qui ont lieu dans des zones civiles », a déclaré M. Colville, ajoutant que le commandement des forces de la coalition doit veiller à ce que toute enquête soit conforme aux normes internationales, y compris en terme d'indépendance et d'impartialité.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Yémen : l'ONU juge indispensable que les parties au conflit protègent les établissements de santé

En savoir plus






Coup de projecteur