Mali : un expert de l'ONU salue les progrès de mise en œuvre de l'accord de paix

Des policiers sénégalais servant au sein de la MINUSMA au Mali patrouillent dans les rues de Gao. Photo ONU/Marco Dormino

2 mars 2016 – Au terme d'une visite au Mali, l'Expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans le pays, Suliman Baldo, a noté mercredi des avancées significatives dans la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation et dans l'arrêt des combats entre groupes armés.

« Il faut saluer la dynamique actuelle. Le gouvernement et les groupes armés, qui sont signataires à l'Accord de paix, respectent leurs engagements envers le cessez-le-feu et continuent à prendre part à des négociations sérieuses pour faire avancer le processus », a salué M. Baldo, à l'issue de sa sixième visite au Mali, qui a eu lieu du 21 février au 2 mars.

L'expert de l'ONU a toutefois déploré « des retards dans la mise en application des mesures prévues dans les accords pour renforcer la dévolution de pouvoirs aux instances régionales et locales ».

Ces retards, a-t-il ajouté, semblent avoir encouragé certains groupes ayant un intérêt dans la déstabilisation du Mali à intensifier leurs attaques contre les forces armées maliennes (FAMA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), occasionnant dans le même temps des pertes considérables parmi les populations locales.

Aux attaques de ces groupes extrémistes violents, pour l'essentiel des djihadistes, dont les combattants sont souvent des étrangers, s'ajoutent selon M. Baldo des risques locaux grandissants de violence intercommunautaire.

« On note aussi des agressions contre la circulation des personnes, des biens civils et des humanitaires attribuées à des narcotrafiquants et autres bandits armés », a-t-il ajouté.

M. Baldo s'est par ailleurs alarmé du fait que très peu d'endroits dans les zones du nord et du centre du Mali ont été sécurisés jusqu'à présent, malgré la signature de l'accord de paix il y a bientôt un an.

« Je me suis rendu à Mopti, dans le centre du Mali, et j'ai recueilli des informations inquiétantes faisant état de graves violations et d'abus des droits de l'homme commis contre la population par des jeunes gens radicalisés et armés. Ces derniers agissent contre les représentants de l'Etat, y compris les enseignants et les écoles, et contre les chefs traditionnels qui s'opposeraient à leur idéologie », a ajouté l'expert indépendant.

En outre, les dérapages dans le cadre des opérations militaires menées par les forces de l'ordre et internationales pour neutraliser ces groupes se poursuivent, a souligné l'expert, notant que des personnes interpellées ont subi des mauvais traitements et que leur droit à une procédure judiciaire rapide n'a pas été respecté.

« L'insécurité et l'absence ou l'insuffisance des services sociaux de base continuent à entraver le retour des réfugiés et des personnes déplacées qui souhaitent regagner leurs communautés dans les zones affectées par le conflit », a poursuivi l'expert, s'agissant des régions du centre et du nord du Mali.

M. Baldo a par conséquent appelé les autorités du pays à accélérer le processus de paix et les procédures de traitement des crimes graves commis dans le contexte de la crise malienne depuis 2012.

Sur ce dernier point, l'expert des droits de l'homme s'est félicité de l'engagement du Mali sur la voie de la justice transitionnelle à travers l'établissement de la 'Commission justice, vérité et réconciliation'.

Au cours de sa visite, M. Baldo a rencontré des membres du Gouvernement malien, des représentants de la société civile, y compris des associations de victimes, des représentants des mouvements armés signataires de l'Accord de paix, ainsi que des membres du corps diplomatique et de l'ONU.


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