A Juba, Ban Ki-moon appelle les Sud-Soudanais à former sans tarder un gouvernement d'entente nationale

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à gauche) rencontre le Président Salva Kiir du Soudan du Sud, à Juba. Photo ONU/Eskinder Debebe

25 février 2016 – A l'occasion d'une visite dans la capitale du Soudan du Sud, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté jeudi les parties au conflit à mettre en œuvre de toute urgence l'application de l'accord de paix signé l'an dernier, concernant notamment la formation d'un gouvernement d'entente nationale.

« Les gens de ce pays ont subi des décennies de guerre civile sanglante », a déploré M. Ban lors d'une conférence de presse à Juba, où il se trouvait après une visite la veille en République démocratique du Congo. « Malgré cela, ces deux dernières années, le cauchemar est de retour pour prendre sa revanche : des tueries, des viols, des enfants forcés à devenir des soldats, des violations massives des droits de l'homme et une corruption sans précédent ».

Devenu indépendant en juillet 2011, après des années de conflit avec Khartoum, le Soudan du Sud a de nouveau sombré dans la guerre en décembre 2013, en raison notamment de la rivalité entre le Président du pays, Salva Kiir, et son ancien Vice-président, Riek Machar.

Depuis lors, a rappelé M. Ban, plus de 2 millions de personnes ont été forcées de quitter leurs maisons et environ 200.000 d'entre elles sont aujourd'hui protégées dans des camps de l'ONU.

« Il y a plus de deux ans, nous avons ouvert nos portes pour leur offrir refuge », a salué M. Ban. « Je suis fier de cette action, grâce à laquelle des milliers de vies ont été sauvées ».

Les 17 et 18 février dernier, cependant, des affrontements entre éléments issus des communautés Shilluk et Dinka ont éclaté dans le site de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) de Malakal, dans le nord du pays, faisant plus de 18 morts et 50 blessés. Ces violences, auxquelles s'étaient ensuite mêlées des hommes en uniformes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), avaient immédiatement été condamnées par le chef de l'ONU.

« Les attaques contre les civils, les Casques bleus et les locaux de l'ONU, comme celle survenue à Malakal la semaine dernière, violent le droit international humanitaire et doivent cesser », a appelé M. Ban, ajoutant toutefois que la protection des civils à l'intérieur de camps onusien n'est pas une solution de long terme.

Le gouvernement du Soudan du Sud doit mieux assumer sa responsabilité de protection de sa population, a poursuivi le Secrétaire général, rappelant que le pays dispose désormais pour y parvenir d'un accord de paix, signé en août 2015 par MM. Kiir et Machar.

Plus tôt dans la journée, le Secrétaire général s'est entretenu avec M. Kiir, auprès de qui il a principalement insisté sur la mise en œuvre l'accord, a indiqué l'ONU dans un compte-rendu de cet entretien,

M. Ban, qui s'est aussi par la suite entretenu au téléphone avec M. Machar, a rappelé l'urgence qu'il y avait à former un gouvernement de transition d'entente nationale, avec M. Machar en tant que Premier vice-président.

À cet égard, le chef de l'ONU s'est félicité de l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre des dispositions de sécurité transitoires à Juba, conformément à une proposition faite plus tôt dans la semaine par la Commission mixte de suivi et d'évaluation.

M. Ban a en outre exhorté M. Kiir à travailler de concert avec M. Machar au retour de ce dernier à Juba, afin de rétablir la confiance mutuelle et celle du peuple du Soudan du Sud et de la communauté internationale.

Durant sa conférence de presse, M. Ban a par ailleurs indiqué que plus de 1,3 milliard de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins actuels de plus de 5 millions de Sud-Soudanais, pour l'année 2016 seulement.

« J'annonce aujourd'hui que l'ONU allouera 21 millions de dollars de son Fonds central pour les interventions d'urgence au peuple du Soudan du Sud. Ces ressources indispensables lui fourniront une protection et un secours au moment où il en a le plus besoin », a déclaré M. Ban, ajoutant que cette action est loin d'être suffisante, dans la mesure où 3% seulement des besoins humanitaire du Soudan du Sud pout 2016 sont actuellement financés.

« Je demande instamment à la communauté internationale de montrer son engagement envers la population du Soudan du Sud », a par conséquent appelé le chef des Nations Unies.


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