Attirer plus d'abeilles pourrait améliorer la sécurité alimentaire mondiale à coût zéro, selon la FAO

Une nouvelle étude de la FAO propose d’améliorer les rendements agricoles et la sécurité alimentaire de 2 milliards de personnes dans le monde, à coût zéro, en attirant plus d’abeilles dans les parcelles cultivées. Photo : FAO/James Cane

19 février 2016 – Une nouvelle étude coordonnée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) propose d'améliorer les rendements agricoles et la sécurité alimentaire de 2 milliards de personnes dans le monde, à coût zéro, en attirant plus d'abeilles dans les parcelles cultivées.

Dans le cadre de cette étude de terrain, des scientifiques ont comparé 344 parcelles d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine et ont conclu que les rendements agricoles étaient sensiblement plus faibles dans les parcelles qui ont attiré moins d'abeilles durant la saison de floraison principale, a expliqué vendredi la FAO, dans un communiqué de presse annonçant la sortie de l'étude.

En comparant les exploitations de moins de 2 hectares très performantes et celles aux résultats médiocres, l'étude suggère que ces dernières pourraient accroître leurs rendements d'une valeur médiane de 24% en attirant plus de pollinisateurs, tels que les abeilles.

L'étude s'est également penchée sur des parcelles plus grandes et a conclu que davantage de visites de pollinisateurs permettent également d'accroitre les rendements, mais de façon moins significative que pour les plus petites parcelles.

« Cela s'explique probablement par le fait que beaucoup d'abeilles ont plus de mal à entretenir de grandes superficies, loin de leur habitat de nidification », a expliqué la FAO.

La publication de cette étude dans la revue Science, est intervenue à un moment où les abeilles sauvages sont menacées par une multitude de facteurs et les populations d'abeilles domestiques ne parviennent pas à assurer leur tâche face au nombre croissant de cultures dépendantes de la pollinisation, a indiqué la FAO.

Le changement climatique pose également problème, précise l'étude.

« Les abeilles vont pâtir de la hausse des températures », a expliqué Nadine Azzu, Coordonnatrice du projet à la Division FAO de la production végétale et de la protection des plantes, qui a également travaillé à l'élaboration du rapport. « En outre, dans certaines parties du globe, l'éclosion des fleurs est désormais décalée et les abeilles ne sont pas là pour les polliniser », a-t-elle ajouté.

Cela signifie qu'il est de plus en plus important de faire en sorte que les pollinisateurs continuent de survoler les fermes toute l'année, conclut l'étude.

« Attirer les pollinisateurs, ce n'est pas juste effectuer les semis et attendre leur arrivée », a précisé l'agence. « Il est essentiel de maintenir l'habitat et les ressources fourragères tout au long de l'année pour les attirer et les garder sur les terres pendant de plus longues périodes. Par exemple en plantant différents types d'arbres et de plantes qui fleurissent à différentes époques de l'année ».

L'étude donne l'exemple d'autres tactiques, comme l'entretien de haies fleuries autour de la ferme et le paillage des sols pour que les abeilles puissent s'y cacher, ainsi qu'un moindre recours aux pesticides.

Pour obtenir de meilleurs rendements, l'étude préconise également de conjuguer des services de pollinisation gérée – c'est-à-dire, installer des ruches sur les parcelles au moment de la floraison – avec la pollinisation sauvage.

« On retire de l'étude que les abeilles dispensent un réel service et devraient être prises en compte lors de la planification des interventions de sécurité alimentaire », a déclaré Mme Azzu. « Et le mieux dans tout cela, c'est que c'est gratuit ! ».


News Tracker: autres dépêches sur la question

La FAO appelle à une action internationale face à la résistance aux antimicrobiens

En savoir plus






Coup de projecteur