Centrafrique : sept nouvelles victimes d'abus sexuels par des Casques bleus identifiées

Le Représentant spécial du Secrétaire général en République centrafricaine, Parfait Onanga-Anyanga, lors d’une conférence de presse. Photo MINUSCA

4 février 2016 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a déclaré jeudi avoir identifié sept nouvelles présumées victimes d'exploitation et d'abus sexuels à Bambari, au nord-est de la capitale Bangui.

Ces cas ont été portés à l'attention de la Mission le 21 janvier 2016 par une équipe de chercheurs de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch. L'équipe a communiqué cette information à la MINUSCA afin que des soins médicaux et psycho-sociaux soient prodigués aux victimes et afin que la Mission endosse toute sa responsabilité pour ces présumés crimes, a précisé la MINUSCA dans un communiqué de presse.

Ces derniers mois, l'ONU a révélé plusieurs reprises des allégations d'abus sexuels commises par Casques bleus en République centrafricaine. De précédentes allégations avaient conduit à la démission en août 2015 du précédent chef de la MINUSCA, Babacar Gaye.

Dès qu'elle a pris connaissance des nouvelles allégations, la MINUSCA a dépêché à Bambari un expert du Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies (BSCI) pour une mission d'information. L'évaluation initiale du BSCI a fourni des preuves suffisantes qui confirment que cinq des victimes étaient mineures et avaient été victimes d'abus sexuels. Une adulte a été victime d'exploitation sexuelle. Le bureau n'a pas pu interviewer la septième présumée victime, qui serait également mineure. Enfin, une des allégations portée à la connaissance de la MINUSCA par Human Rights Watch est actuellement à l'étude.

« Les soldats impliqués proviennent de la République du Congo et de la République démocratique du Congo (RDC). Leurs gouvernements respectifs ont été informés de ces allégations et ont été invités à mener des enquêtes. Les autorités centrafricaines ont également été informées », a souligné la MINUSCA.

« En raison de la gravité de ces allégations et compte tenu des informations recueillies par la mission d'enquête préliminaire, les Nations Unies ont décidé de prendre des mesures immédiates, y compris le rapatriement des 120 soldats congolais qui ont été déployés à Bambari du 17 septembre au 14 décembre 2015. Ce rapatriement sera effectif après la conclusion de l'enquête. Dans l'attente, les soldats seront confinés dans leurs casernes », a ajouté la Mission.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, s'est rendu jeudi à Bambari avec une délégation de haut niveau.

Il a exprimé son sentiment d'indignation et de honte, rappelant aux soldats que « l'exploitation et l'abus sexuel constituent une atteinte grave aux règles des Nations Unies et une violation des droits de l'homme; un double crime qui affecte les femmes et les enfants vulnérables que vous ont êtes ici pour protéger ». Il a également abordé les cas d'exploitation et d'abus sexuels avec les communautés touchées et a recommandé en urgence des mesures supplémentaires d'atténuation.

Face au bataillon de la RDC qui est dans ses dernières semaines avant son rapatriement, le Commandant de la Force de la MINUSCA, le général Balla Keita, a exhorté les soldats à « s'honorer eux-mêmes ainsi que leur pays et le drapeau de l'ONU en observant les normes les plus élevées de conduite et de la dignité ».

S'adressant à la presse à la fin de la visite, le Représentant spécial a déclaré que la MINUSCA est «en position de combat ». Il a ajouté «qu'il ne trouvera le repos que lorsque ces actes odieux seront révélés, les auteurs punis, et que ces cas cessent ». Il a enfin remercié tous les partenaires pour le rôle important qu'ils jouent en dénonçant ses allégations et en apportant des soins aux victimes. « Nous ne pourrons jamais gagner ce combat, sauf si nous travaillons ensemble », a-t-il ajouté.


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