L'OMS et l'UNICEF mobilisés contre une épidémie de Fièvre de Lassa au Bénin

Les habitants d’un village au Bénin. Photo : Banque mondiale / Arne Hoel

2 février 2016 – Après l'identification d'un cas de Fièvre de Lassa au nord-est du Bénin, le gouvernement béninois, soutenu par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ainsi que les partenaires au développement, a immédiatement démarré une riposte contre l'épidémie.

A ce jour, il existe 20 cas suspects dont neuf décès. Parmi les décès, un cas confirmé positif à la Fièvre de Lassa a été notifié. Au Nigéria, les autorités dénombrent 168 cas dont 84 décès dans 17 Etats du pays y compris les Etats de Niger et d'Oyo qui sont frontaliers au Bénin, a précisé l'UNICEF dans une déclaration à la presse publiée lundi.

Le gouvernement béninois a indiqué qu'après la confirmation d'un cas avéré de Fièvre de Lassa à l'Hôpital de zone St Martin de Papané, dans la commune de Tchaourou (département du Borgou-Alibori), une équipe technique nationale a été dépêchée sur place.

C'est à la suite du décès d'une femme enceinte le 5 janvier dernier dans cet hôpital que six agents de santé (trois infirmiers, une technicienne de laboratoire et deux aides-soignantes) ont développé les symptômes caractéristiques de la Fièvre de Lassa. Le 21 janvier 2016, un des infirmiers parmi ces six premiers cas suspects est décédé à l'Hôpital départemental universitaire du Borgou à Parakou, ville située au centre du Bénin.

Le lendemain, les prélèvements de cinq cas suspects ont été effectués et transmis au laboratoire de référence de l'Université de Lagos au Nigéria agréé par l'OMS. Les résultats ont identifié un cas positif à la Fièvre de Lassa et quatre cas négatifs. Le cas identifié positif est une aide-soignante à ce jour décédée.

Les autorités soutenues par l'UNICEF et l'OMS et les partenaires au développement mettent en œuvre une stratégie de riposte à l'épidémie, incluant notamment l'enregistrement et le suivi des personnes qui auraient été en contact avec des cas suspects, la mise en place d'une unité d'isolement au sein de l'Hôpital de zone St Martin de Papané et l'organisation de séances de sensibilisation de la population et des autorités.

La transmission de la Fièvre de Lassa peut se faire par contact avec les excréments de rongeurs notamment, le rat à multiple mamelles. Le virus se transmet aussi au contact d'une personne infectée via les liquides biologiques : le sang, l'urine, la salive, le sperme, les vomissures, les selles. L'incubation du virus varie de six à 21 jours.

Les premiers signes de symptômes sont : la fièvre, une fatigue générale, la nausée, des vomissements, la diarrhée, des maux de tête et de ventre et le mal de gorge. L'œdème du cou ou du visage et des saignements sont parfois observés.

Il existe un traitement efficace contre la Fièvre de Lassa : la Ribavirine. Ce médicament permet de soigner les personnes malades, à condition d'être administré rapidement après l'apparition des premiers symptômes.

Le Bénin a déjà connu un épisode épidémique entre le 15 octobre 2014 et le 8 janvier 2015 : 16 cas avaient été enregistrés dont neuf décès. Sur ces neuf décès, la Fièvre de Lassa avait été confirmée dans deux cas. La fin de l'épidémie avait été officiellement notifiée conformément au règlement sanitaire international, qui recommande l'observance d'une période de deux fois 21 jours sans enregistrement de nouveau cas.


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