Centrafrique : le PAM avertit que la moitié de la population souffre de la faim

Une distribution de nourriture du PAM à Bangui, en République centrafricaine. Photo : OCHA/Phil Moore

20 janvier 2016 – La moitié de la population en République centrafricaine, soit près de 2,5 millions de personnes, souffre de la faim, selon une évaluation publiée mercredi par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies et ses partenaires.

D'après cette étude, le conflit actuel et l'insécurité ont fortement détérioré les niveaux de sécurité alimentaire : le nombre de personnes souffrant de la faim a presque doublé en un an.

« Trois années de crise ont conduit les familles à épuiser graduellement toutes leurs ressources, alors que l'insécurité et les déplacements perdurent. Les familles ont été forcées si souvent de vendre ce qu'elles possèdent, retirer leurs enfants de l'école, même recourir à la mendicité, qu'elles ont épuisé toutes leur ressources. Les gens se retrouvent sans rien », a déclaré le Directeur adjoint du bureau du PAM en République centrafricaine, Guy Adoua.

Une personne sur six souffre d'insécurité alimentaire sévère ou extrême et ne sait pas d'où viendra son prochain repas, tandis que plus de 35% de la population souffre d'insécurité alimentaire modérée.

« Le PAM est extrêmement préoccupé par ces niveaux alarmants de faim. Non seulement les gens n'ont pas suffisamment de nourriture pour manger, mais ils sont aussi obligés de consommer de la nourriture à bas prix et à faible teneur en éléments nutritifs, ce qui n'est pas suffisant pour couvrir leurs besoins nutritionnels », a ajouté M. Adoua.

Le rapport montre que la récolte de 2014-2015 était maigre et que les prix des denrées alimentaires restent élevés. Les agriculteurs n'ont pas pu cultiver leurs champs en raison de l'insécurité. Des centaines de milliers de personnes ont été obligées de fuir leurs maisons et d'abandonner leurs champs et leurs moyens de subsistance.

Les affrontements violents qui ont éclaté en septembre 2015 ont par ailleurs provoqué de nouveaux déplacements. Près d'un million de personnes sont toujours déplacées en République centrafricaine ou réfugiées dans les pays voisins.

Le rapport recommande de poursuivre l'assistance alimentaire d'urgence pour les familles déplacées et l'assistance alimentaire et technique pour rétablir les moyens productifs des agriculteurs, la création de filets de sécurité par le biais de programmes tels que les cantines scolaires et le soutien à la restauration des infrastructures par le biais d'activités « vivres contre travail ».

Le PAM fournit une aide alimentaire d'urgence et un soutien nutritionnel aux personnes les plus vulnérables et joue un rôle crucial dans le soutien des efforts de récupération. Les programmes du PAM axés sur des transferts monétaires en espèces et sur des achats de produits alimentaires locaux pour des repas scolaires pour des milliers d'enfants contribuent à stimuler l'économie locale et les moyens de subsistance des gens.

Le PAM a besoin d'un soutien urgent afin de continuer à fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle aux personnes déplacées et aux communautés vulnérables, ainsi que pour soutenir les efforts de la population pour se reconstruire, dans la mesure du possible. Un montant de 41 millions de dollars est nécessaire pour que le PAM puisse répondre aux besoins urgents jusqu'à la fin du mois de juin en République centrafricaine et dans les pays voisins accueillant des réfugiés centrafricains. Actuellement, les efforts du PAM sont financés à hauteur de 45%.


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