Syrie : l'ONU confirme des cas de grave malnutrition chez les enfants à Madaya, ville assiégée

La Représentante de l’UNICEF en Syrie, Hanaa Singer (centre), s’entretient avec des enfants et leurs familles dans la zone assiégée de Madaya, en Syrie. Photo: UNICEF

15 janvier 2016 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a confirmé vendredi l'existence de cas graves de malnutrition parmi les enfants de la ville syrienne assiégée de Madaya, où des médecins « déprimés émotionnellement et mentalement épuisés » travaillent sans relâche pour sauver des vies avec des ressources très limitées et où 32 personnes sont mortes de faim depuis un mois selon des travailleurs humanitaires.

L'UNICEF s'est félicité d'avoir obtenu cette semaine un accès à des enfants assiégés et a confirmé ces cas de grave malnutrition à Madaya après avoir participé jeudi à la deuxième mission humanitaire conjointe menée dans le secteur par l'ONU, le Croissant-Rouge syrien (SARC) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« L'UNICEF est particulièrement attristé et choqué d'avoir assisté au décès d'Ali, un garçon de 16 ans gravement sous-alimenté qui est mort sous nos yeux à la clinique de la ville », a dit la Représentante de l'UNICEF en Syrie, Hanaa Singer, dans une déclaration.

La déclaration indique également qu'un hôpital de fortune, visité par l'UNICEF, ne disposait que de deux médecins et deux autres professionnels de la santé, travaillant dans des conditions épouvantables.

L'équipe de l'UNICEF et les personnels de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont pu faire passer à 25 enfants âgés de moins de cinq ans un test de malnutrition en utilisant la méthode dite de la mesure de la circonférence du bras (Mid-Upper Arm Circumference measurement). Vingt-deux d'entre eux présentaient des signes de malnutrition modérée à grave. Tous ces enfants reçoivent désormais des soins basés sur l'utilisation de fournitures médicales et nutritionnelles spécialisées livrées lundi dernier par l'ONU et le CICR.

Tout en reconnaissant que les constatations faites par cette mission ne constituaient en aucune manière un échantillon représentatif et que l'ONU n'était pas encore en mesure d'en tirer des conclusions en ce qui concerne la situation globale en matière de nutrition, Mme Singer a déclaré qu'elles fournissaient quand même un « aperçu en temps réel » de la situation sur le terrain à Madaya. Les équipes de l'ONU, en coopération avec le SARC, prévoient de poursuivre leur évaluation dimanche dans l'optique d'un suivi ultérieur.

« Les personnes que nous avons vues à Madaya étaient épuisées et extrêmement frêles. Les médecins étaient déprimés émotionnellement et mentalement épuisés, travaillant jour et nuit avec des ressources très limitées afin de prodiguer des soins aux enfants et aux autres personnes qui en ont besoin. Il est tout simplement inacceptable qu'une telle chose se produise au 21ème siècle », a-t-elle affirmé.

« Alors que nous exprimons le choc que nous éprouvons à la vue de la situation à Madaya, n'oublions pas qu'à travers la Syrie, il y a 14 autres 'Madayas' », a souligné Mme Singer, précisant qu'il s'agissait de lieux où les diverses parties au conflit utilisent l'assiègement comme tactique de guerre, privant des enfants et des civils innocents d'accès à des fournitures et des services vitaux.

Par ailleurs, jeudi, l'UNICEF, participant à un convoi conjoint de l'ONU, du SARC et du CICR, a pu acheminer 10 camions transportant un éventail similaire de fournitures vers deux autres zones assiégées de Syrie, Foah et Kafraya, ce qui devrait bénéficier aux quelque 6.000 enfant pris au piège dans cette zone.


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