Burundi : Le Conseil de sécurité appelle les Etats d'Afrique de l'Ouest à accélérer leurs efforts de médiation

Les violences politiques au Burundi sont telles que la découverte de cadavres aux alentours de la capitale, Bujumbura, est devenu monnaie courante. Photo: Désiré Nimubona/IRIN

20 décembre 2015 – Se disant très préoccupé par l'escalade continuelle de la violence au Burundi, le Conseil de sécurité des Nations Unies a appelé samedi à l'intensification d'urgence des efforts de médiation par les Etats d'Afrique de l'Ouest et a exhorté toutes les parties prenantes à la crise burundaise à coopérer pleinement avec la future mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA).

« Si les efforts de médiation ne redémarrent pas immédiatement, d'autres options pourraient être envisagées par l'UA et par l'ONU », ont déclaré les Etats membres du Conseil, dans une déclaration à la presse sur le Burundi.

Une flambée de violences qui dure depuis plusieurs mois dans ce pays a réveillé les craintes d'un retour des affrontements ethniques entre Hutus et Tutsis qui ont duré plusieurs décennies et fait des dizaines de milliers de morts.

Le Burundi traverse une crise politique depuis que le Président Pierre Nkurunziza a pris la décision controversée de solliciter un troisième mandat présidentiel au début de l'année. Depuis lors, au moins 400 personnes ont été tuées et le bilan réel pourrait être bien plus lourd, 220.000 autres se sont réfugiées dans les pays voisins et beaucoup d'autres encore ont été déplacées à l'intérieur du pays.

« Seul un dialogue véritable et inclusif, basé sur le respect de la Constitution et de l'Accord (de paix) d'Arusha, permettrait dans les meilleures conditions aux différentes parties prenantes burundaises de trouver une solution consensuelle à la crise à laquelle le pays fait face », ajoute la déclaration.

Prenant note de la décision de l'UA de déployer une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (MAPROBU), les Etats membres du Conseil appellent toutes les parties burundaises à coopérer pleinement et exhortent les Etats membres africains à fournir à cette mission des contributions en troupes et en policiers.

Ils ont également souligné la grande importance que revêtent la planification prévisionnelle de l'ONU afin de développer des options pour que la communauté internationale puisse répondre à toute nouvelle détérioration de la situation, et le déploiement rapide d'une équipe de l'ONU sous la direction du Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention des conflits, Jamal Benomar, pour travailler avec le gouvernement du Burundi, l'UA et les autres parties à la mise en œuvre de ces options.

Deux jours auparavant, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait exhorté la communauté internationale à agir de manière « robuste et décisive », afin d'éviter une guerre civile au Burundi qui pourrait avoir d'inquiétants aspects ethniques et de graves conséquences à l'échelle régionale.


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