Le Conseil de sécurité prend de nouvelles mesures afin d'assécher les sources de financement du terrorisme

Le Conseil de sécurité tient le première réunion de son histoire au niveau des ministres des Finances. Photo ONU/Evan Schneider

17 décembre 2015 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies, réuni pour la première fois de son histoire au niveau des ministres des Finances, a accentué jeudi ses efforts en vue d'assécher les sources de financement de Daech et d'autres groupes terroristes, y compris les versements de rançons, d'où qu'ils viennent.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses 15 membres lors d'une séance présidée par le Secrétaire au Trésor américain Jack Lew - les Etats-Unis assurant la présidence du Conseil pour décembre – le Conseil appelle à des mesures renforcées, notamment à combler les failles existant dans les systèmes financiers internationaux, à mettre fin aux abus et détournements de certaines causes caritatives et à mettre à jour la Liste des sanctions du Conseil à l'encontre de Daech et d'Al-Qaida.

Il souligne que les résolutions déjà existantes qui demandent aux Etats membres de l'ONU de s'assurer que des avoirs financiers ne soient pas transmis à des terroristes par des personnes se trouvant sur leur territoire « s'appliqueront également au paiement de rançons à des particuliers, à des groupes ou à des entités figurant sur la Liste des sanctions à l'encontre de Daech et d'Al-Qaida, indépendamment de la manière dont elle est payée ou de l'identité du payeur ».

La résolution appelle à une coopération internationale renforcée en matière de partage des informations et à une collaboration plus étroite avec le secteur privé afin d'identifier les transactions financières suspectes.

Le Conseil appelle également les Etats membres à promouvoir une vigilance renforcée de la part des personnes se trouvant sous leur autorité afin de détecter tout détournement d'explosifs et de matières premières ou composants pouvant être utilisés dans la fabrication d'engins explosifs artisanaux ou d'armes non conventionnelles, y compris des composants chimiques, des détonateurs, des mèches, ou encore des poisons.

En ouvrant la séance, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encouragé les Etats membres à redoubler d'efforts, individuellement et collectivement, afin d'assécher les sources de financement du terrorisme.

« Alors que Daech et d'autres groupes terroristes disséminent leur propagande haineuse et multiplient les attentats meurtriers, nous devons joindre nos forces pour les empêcher d'acquérir et de déployer des ressources pour infliger davantage de souffrances », a-t-il déclaré.

Aujourd'hui, a-t-il ajouté, « Daech gère une économie de plusieurs millions de dollars dans les territoires qu'il contrôle. Les terroristes de Daech lèvent des fonds grâce à la vente de pétrole, à des convois d'argent non détectés, à des enlèvements contre rançon, à la traite d'êtres humains, au trafic d'armes et à diverses formes d'extorsion ».

« Ils pillent et vendent des biens culturels précieux, tirant profit de manière honteuse de la destruction du patrimoine commun de l'humanité », a-t-il dit. « D'autres organisations terroristes dans le monde, de Boko Haram à Al-Shabaab et aux talibans, les imitent ».

M. Ban a déploré que de nombreux Etats dans le monde « n'aient pas encore créé les régimes juridiques, les institutions et les expertises nécessaires pour identifier et geler les finances et les biens des groupes terroristes ».

La mise en œuvre de résolutions clés du Conseil de sécurité sur ce sujet demeure faible dans de nombreuses régions du monde, a-t-il regretté.

Le Secrétaire général a recommandé le renforcement de la coopération internationale et le partage des informations et du savoir-faire, en particulier dans le domaine de la lutte contre le transfert illégal et la vente d'objets culturels.

Il a indiqué son intention de développer les structures et mécanismes de l'ONU compétents en matière de lutte contre le financement du terrorisme et a plaidé pour une coopération plus étroite des Etats et de ces mécanismes avec le secteur privé et avec les organisations caritatives afin d'identifier les transactions suspectes et d'investir dans des sytèmes de gestion crédibles afin de bloquer les fonds terroristes.

Mais il a aussi mis en garde contre les risques de dérive et appelé les Etats membres à s'assurer qu'en luttant contre le financement du terrorisme, ils ne causent pas de tort aux migrants et aux réfugiés et à leurs pays d'origine. L'an dernier, a-t-il rappelé, « les pays en développement ont reçu plus de 400 milliards de dollars en transferts de fonds de la part de migrants vivant à l'étranger, soit plus de trois fois le montant de l'aide officielle au développement ».


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