Les femmes doivent être davantage impliquées dans la lutte contre le terrorisme, selon l'ONU

Une famille ayant fui le nord-est du Nigéria a trouvé refugé au Niger par peur des attaques du groupe terroriste Boko Haram. Photo OCHA/Franck Kuwonu

9 septembre 2015 – Des efforts supplémentaires doivent être entrepris afin de permettre aux femmes de prendre une part active à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, a déclaré mercredi un haut responsable des Nations Unies lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation, à New York.

« Les groupes terroristes tels que Daech, Boko Haram et Al-Chabab se montrent de plus en plus créatifs dans leurs stratégies, notamment en incluant davantage les femmes qui jouent désormais un rôle actif dans leur entreprises criminelles », a indiqué le chef de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT), Jean-Paul Laborde. « Je dirais même 'en forçant' les femmes à jouer ce rôle actif, mais cela n'engage que moi… », a-t-il ajouté à l'attention des journalistes, auxquels il s'adressait quelques instants avant d'assister à une réunion du comité de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU sur ce sujet.

« Jusqu'à récemment, le terrorisme a principalement été perçu comme un problème masculin », a poursuivi M. Laborde, ajoutant que les organisations terroristes utilisent en réalité de plus en plus de femmes afin de recruter d'autres femmes ou de les utiliser comme kamikazes, ce que beaucoup d'entre elles ignorent, a-t-il précisé.

Alors que des milliers de femmes en Iraq, au Kenya et au Nigéria ont récemment été enlevées par des groupes terroristes, plusieurs militantes des droits des femmes issues de ces trois pays participaient également à la conférence de presse aux côtés de M. Laborde.

Parmi elles, Hanaa Edwar, une militante iraquienne, a souligné combien l'absence de sécurité et de stabilité dans son pays depuis 2003 a affaibli les institutions étatiques et contribué à la montée en puissance des milices locales.

« Daech, l'Etat soi-disant islamique, occupait environ un tiers de notre pays en juin 2015. Cela a été un moment très difficile dans l'histoire de l'Iraq », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'entre 2003 et 2014, près de 14.000 femmes ont été tuées en Iraq.

Mme Edwar a décrit l'ampleur qu'ont prise les crimes à caractère sexuel en Iraq ainsi que l'utilisation de la violence sexuelle par les terroristes à des fins politiques et militaires. De nombreuses femmes iraquiennes, a-t-elle ajouté, commettent des suicides en raison de l'absence de sécurité et de respect de leurs droits.

Au mois de juillet, a poursuivi Mme Edwar, Daech aurait publié une liste de 2.070 personnes exécutées par le groupe terroriste, parmi lesquelles se trouvaient 300 femmes, dont de nombreuses avocates, journalistes, militantes ou fonctionnaires.

Mme Edwar s'est cependant déclarée pleine d'espoir face au succès du mouvement des femmes en Iraq.

« Nous agissons beaucoup à l'intérieur de la communauté », a-t-elle dit. « Nous essayons de travailler avec les enfants et les jeunes pour leur apprendre la façon de lutter contre le terrorisme ».


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