La déforestation mondiale ralentit car de plus en plus de forêts sont mieux gérées, selon la FAO

Photo Banque mondiale/Curt Carnemark

7 septembre 2015 – Si les forêts du monde continuent à se rétrécir en raison notamment de l'accroissement démographique qui contribue à convertir davantage de terres forestières à l'agriculture, au cours des 25 dernières années, le taux de déforestation mondial a ralenti de plus de 50%, indique un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), publié lundi.

Environ 129 millions d'hectares de forêts, soit une une superficie presque équivalente à celle de l'Afrique du Sud, ont été perdus depuis 1990, selon l'étude de la FAO intitulée 'Evaluation des ressources forestières mondiales 2015'.

Le rapport note cependant qu'un nombre croissant de zones forestières ont été placées sous protection, tandis que plusieurs pays ont amélioré leur gestion des forêts. Cela s'est réalisé le plus souvent grâce à des législations accompagnées de mesures de suivi et d'évaluation, ainsi que d'une plus grande implication des communautés locales dans les politiques de développement et la planification.

Le rapport de la FAO, qui couvre 234 pays et territoires, a été présenté cette semaine au Congrès forestier mondial qui se tient à Durban, en Afrique du Sud.

« Les forêts jouent un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté rurale en assurant la sécurité alimentaire et en fournissant aux gens des moyens de subsistance. Elles offrent aussi des services environnementaux vitaux comme l'air pur et l'eau, tout en participant à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique », a notamment déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors de la présentation du rapport à Durban.

M. Graziano da Silva a relevé « une tendance encourageante vers la réduction des taux de déforestation et d'émission de carbone par les forêts », ainsi qu'une amélioration des informations favorisant la mise en œuvre de bonnes politiques forestières. A cet égard il a noté que les inventaires forestiers nationaux couvrent actuellement 81% de la superficie forestière mondiale, soit une augmentation substantielle au cours des dix dernières années.

« La tendance est positive, mais nous devons faire mieux », a averti le Directeur général. « Nous ne parviendrons pas à réduire l'impact du changement climatique et à promouvoir le développement durable si nous ne préservons pas nos forêts et n'utilisons pas durablement les nombreuses ressources qu'elles nous offrent », a-t-il ajouté.

Alors qu'en 1990, les forêts couvraient environ 4 milliards 128 millions d'hectares ou 31,6% de la superficie mondiale des terres, en 2015, elles ne couvrent plus que 3 milliards 999 millions d'hectares ou 30,6% des terres, selon le rapport.

Entre-temps, le taux annuel net de pertes de forêts s'est ralenti, passant de 0,18% dans les années 1990 à 0,08% au cours de la période 2010-2015, précise l'étude.

Aujourd'hui, 93% de la superficie des forêts du monde est formée de forêts naturelles, une catégorie qui comprend les zones de forêts primaires où les perturbations humaines sont faibles ainsi que les zones de forêts secondaires qui se sont régénérées naturellement.

La forêt plantée, une autre sous-catégorie, représente actuellement 7% de la superficie forestière mondiale. Elle a augmenté de plus de 110 millions d'hectares depuis 1990.

Le rapport de la FAO rappelle également l'importance primordiale des forêts pour les gens, l'environnement et l'économie mondiale. Le secteur forestier contribue annuellement à hauteur de 600 milliards de dollars au PIB mondial et offre des emplois à plus de 50 millions de personnes, indique notamment l'étude.


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