Le Conseil de sécurité adopte une résolution pour tarir le financement de l'Etat islamique

Vue de haut du Conseil de sécurité de l’ONU lors de la réunion sur la Guinée-Bissau. Photo : ONU/Loey Felipe

12 février 2015 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté jeudi une résolution destinée à tarir le financement de groupes terroristes tels que l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) et le Front al-Nosra, qui tirent des revenus considérables de la contrebande de pétrole, du trafic d'antiquités et de rançons suite à des enlèvements.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité, les 15 membres du Conseil ont condamné fermement « toute participation au commerce direct ou indirect, en particulier de pétrole et de produits pétroliers, d'unités de raffinage modulaires et de matériels connexes avec l'EIIL et le Front el-Nosra » et d'autres groupes associés à Al-Qaïda et ont souligné que cette participation équivaudrait à soutenir financièrement ces personnes, groupes, entreprises et entités et exposerait ses auteurs au risque de se faire inscrire sur la liste relative aux sanctions.

Ils réaffirment que les Etats sont tenus de veiller à ce que leurs ressortissants et les personnes qui se trouvent sur leur territoire ne mettent pas directement ou indirectement des avoirs ou des ressources économiques à la disposition de l'EIIL et du Front el-Nosra et font observer que cette obligation s'applique au commerce direct ou indirect de pétrole.

Dans la résolution, le Conseil de sécurité condamne également les destructions du patrimoine culturel iraquien et syrien, commises en particulier par l'EIIL et par le Front el-Nosra, qu'il s'agisse de dommages accidentels ou de destructions intentionnelles.

Il note « avec préoccupation que l'EIIL, le Front el-Nosra et d'autres individus, groupes, sociétés ou entités associés à Al-Qaïda génèrent des revenus en procédant, directement ou indirectement au pillage et à la contrebande d'objets appartenant au patrimoine culturel provenant de sites archéologiques, de musées, de bibliothèques, d'archives et d'autres sites en Syrie et en Iraq, qui sont ensuite utilisés pour financer leurs efforts de recrutement ou pour améliorer leurs capacités opérationnelles d'organiser et de mener des attentats terroristes ».

Le Conseil de sécurité décide que tous les Etats membres doivent prendre « les mesures voulues pour empêcher le commerce de biens culturels irakiens et syriens et des autres objets ayant une valeur archéologique, historique, culturelle, scientifique ou religieuse ».

S'agissant des enlèvements contre rançon, les membres du Conseil de sécurité ont réitéré leur condamnation de ces enlèvements et prises d'otage par l'EIIL et le Front el-Nosra et se disent déterminés « à prévenir les enlèvements et les prises d'otage perpétrés par les groupes terroristes et à faire en sorte que les otages soient libérés en toute sécurité sans que soient versées des rançons ni accordées de concessions politiques ».

Ils ont réitéré l'appel qu'ils ont lancé à tous les Etats membres pour qu'ils empêchent les terroristes « de profiter directement ou indirectement de rançons ou de concessions politiques et fassent en sorte que les otages soient libérés sains et saufs ».

Le Conseil de sécurité engage également les Etats membres à prendre des mesures pour faire en sorte que les institutions financières sises sur leur territoire empêchent l'EIIL, le Front el-Nosra et d'autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaïda d'avoir accès au système financier international.

La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a salué l'adoption de cette résolution.

« L'adoption de la résolution 2199 est une étape décisive dans le renforcement de la protection du patrimoine culturel de l'Iraq et de la Syrie. Elle étend notamment à la Syrie l'interdiction du commerce des biens culturels qui s'applique déjà pour l'Iraq depuis 2003. Elle reconnaît explicitement que le pillage, la destruction et le trafic du patrimoine culturel ne sont pas seulement une tragédie culturelle – il s'agit d'une urgence politique et de sécurité qu'il faut impérativement prendre en compte dans tous les efforts de paix », a déclaré la Directrice générale.

« La destruction et le pillage du patrimoine de l'Iraq et de la Syrie ont atteint des niveaux sans précédent. Le trafic illicite des biens culturels alimente le conflit en procurant des revenus aux groupes armés et aux terroristes. Cette résolution reconnaît que le patrimoine culturel se situe en première ligne des conflits d'aujourd'hui, et joue un rôle de premier plan pour restaurer la sécurité et construire une réponse politique à la crise », a-t-elle ajouté.


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