Au sommet de l'Union africaine, Ban Ki-moon plaide en faveur du développement et de la paix

Le Secrétaire général Ban Ki-moon devant le 24ème Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie. Photo ONU/Eskinder Debebe

30 janvier 2015 – En ce début d'année 2015, l'Afrique doit impérativement capitaliser sur les progrès réalisés en matière de paix et de développement durant l'année écoulée, a déclaré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

« L'année qui commence sera cruciale du point de vue de l'action mondiale qui doit être menée pour que notre avenir à tous soit assuré », a affirmé le chef de l'ONU dans discours prononcé à l'occasion du 24ème Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

« Nous arrivons à l'échéance fixée pour les objectifs du Millénaire pour le développement – les OMD – qui ont suscité tant de progrès sur ce continent », a rappelé M. Ban, ajoutant que l'année 2015 consacrera l'adoption d'un nouveau programme de développement pour l'après-2015, assorti d'une série d'objectifs de développement durable (ODD).

Dans ce contexte, le Secrétaire général a souhaité que l'Afrique soit représentée « au plus haut niveau » lorsque le programme de développement pour l'après-2015 sera adopté à New York en septembre prochain.

M. Ban a également insisté sur la nécessité de trouver les ressources nécessaires pour financer le développement durable en Afrique.

« Sans ressources, les engagements que nous prenons pour promouvoir le développement durable ne seront que des mots », a-t-il insisté.

Sur le plan de la paix et de la sécurité, le Secrétaire général a estimé que des avancées importantes avaient été réalisées en 2014 sur le continent africain, citant notamment la mission conjointe de haut niveau menée avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) au Burkina Faso, qui a aidé à ouvrir la voie au dialogue et à la signature d'un accord.

« En Somalie, les efforts que nous déployons ensemble pour établir une paix durable donnent des résultats. Nos deux organisations, l'Union africaine et les Nations Unies, ainsi que l'IGAD [Autorité intergouvernementale pour le développement], ont travaillé en partenariat pour appuyer le processus politique », a également mentionné M. Ban, tout en insistant auprès des Etats africains sur la nécessité de collaborer plus avant en République centrafricaine, afin « de protéger les civils et combattre l'impunité ».

S'agissant du Soudan, où l'ONU et l'Union africaine poursuivent leur partenariat, le Secrétaire général s'est inquiété de la poursuite du conflit au Darfour, et a appelé à ce que le processus de dialogue national soit renforcé.

En République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, « nous devons mener une action décisive, notamment neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) pour que la paix et la stabilité puissent être rétablies », a déclaré M. Ban, insistant sur le fait que les signataires de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération doivent tous tenir leurs engagements.

Le Secrétaire général a par ailleurs estimé que la situation actuelle en Libye déstabilisait la région, précisant que « le Groupe de contact international et l'Envoyé spécial de l'Union africaine, de même que mon Représentant spécial, pressent les parties de mettre fin aux effusions de sang et d'entamer un dialogue politique ».

Sur la question du Soudan du Sud, M. Ban s'est félicité de l'accord d'Arusha entre le Président du pays, Salva Mayardit Kiir, et l'ancien Vice-président, Riek Machar, tout en les a exhortant à saisir cette opportunité pour parvenir à un accord définitif sur la fin du conflit, comprenant notamment une solution de partage du pouvoir.

Enfin, s'agissant du Nigéria, M. Ban s'est dit consterné par « la brutalité de Boko Haram qui pose un danger manifeste pour la paix et la sécurité nationale, régionale et internationale ».

« Ce groupe continue de tuer chrétiens et musulmans, d'enlever femmes et enfants et de détruire églises et mosquées », s'est indigné le chef de l'ONU, ajoutant qu'il n'oublierait jamais les filles et les garçons enlevés à Chibok en avril dernier, et ne cesserait jamais d'appeler à leur libération immédiate et sans condition.


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