L'ONU lance la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine

Des élèves dans une école à Port-au-Prince, en Haïti. Photo ONU/Logan Abassi

10 décembre 2014 – Le lancement de la « Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine » est un moment historique doublé d'une avancée significative a déclaré mercredi dans un discours prononcé à cette occasion le Président de l'Assemblée général des Nations Unies, Sam Kutesa.

« Avec le lancement de cette Décennie, l'Assemblée générale prouve que les difficultés touchant les personnes d'ascendance africaine sont une source de préoccupation dans le monde entier, et pas uniquement sur le continent américain », a affirmé le Président de l'Assemblée général à l'entame de son allocution.

Dans sa résolution A/68/L.34, l'Assemblée générale a décidé le 19 décembre 2013 que la décennie allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2024 serait la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine. Assortie d'un Programme d'action et dotée d'un budget de 5,5 milliards de dollars, la Décennie a pour thème « Personnes d'ascendance africaine : considération, justice et développement ».

Reprenant ces trois grands thèmes, à commencer par celui de la « considération », le Président s'est félicité de l'adoption en 2001 par la communauté internationale de la Déclaration et du Programme d'action de Durban (DDAP) lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée.

« La DDAP a confirmé ce que nous tenions tous déjà pour être vrai, à savoir que les personnes d'ascendance africaine souffrent encore des conséquences résiduelles de l'esclavage, de la traite des esclaves et du colonialisme », a précisé M. Kutesa, ajoutant que les actions entreprises dans le cadre de la Décennie, treize ans après Durban, devront contribuer efficacement à l'amélioration des conditions de vie de millions de personnes d'ascendance africaine à travers le monde.

S'agissant de la « justice », le Président s'est inquiété du fait que les personnes d'ascendance africaine soient trop souvent les victimes de crimes et de violences, s'exposant également à des discriminations lorsqu'elles demandent réparation. « Dans certaines sociétés, il s'agit là d'un problème est endémique », a ajouté M. Kutesa.

Sur le thème du « développement », le Président de l'Assemblée général a salué la reconnaissance par la communauté internationale de la corrélation entre discrimination et pauvreté. « Malgré les preuves abondantes et irréfutables des contributions des personnes d'ascendance africaine au développement de nos sociétés, trop souvent, ils sont marginalisés, stigmatisés et victimes de stéréotypes », a-t-il ajouté, exhortant les Etats membres à prendre des mesures pour mettre un terme à ces discriminations.

« Cette Décennie est l'occasion d'unir nos voix et de renouveler notre engagement politique en faveur des droits de l'homme universels ainsi que de donner un nouvel élan à l'élimination de toutes les formes de racisme et de discrimination raciale, contre quiconque et en tout lieu », a déclaré en conclusion M. Kutesa.


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