Malgré des progrès locaux, l'épidémie d'Ebola n'est pas encore maîtrisée - ONU

Un centre de traitement d’Ebola géré par Médecins sans Frontières à Guéckédou, en Guinée. Photo UNICEF/Suzanne Beukes

3 novembre 2014 – Lors d'une visite dimanche dans un centre de traitement d'Ebola dans la ville de Kenema en Sierra Leone, le Chef de la Mission des Nations Unies pour l'action d'urgence contre Ebola (MINUAUCE), Anthony Banbury, a prévenu que même si l'action commence à porter ces fruits dans un endroit, la maladie surgit à un autre, le plus récemment dans la ville de Port Loko, où un grand nombre de nouveaux cas ont été répertoriés.

« La première fois que j'ai entendu parler de l'Ebola, c'était au sujet de Kenema où des choses terribles se passaient- les travailleurs de la santé tombaient malades, et un grand nombre de personnes étaient infectées », a expliqué M. Banbury en ajoutant qu'il était soulagé de constater que la situation à Kenema se soit améliorée.

« Une fois de plus, tous les éléments d'une stratégie efficace pour vaincre le virus Ebola sont en place et les choses commencent à s'améliorer avec des enterrements sécurisés, des installations de traitement et de gestion, et des campagnes pour mobiliser la population. Ces éléments ont permis de faire baisser le nombre de cas à Kenema », a-t-il ajouté.

Les installations de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) à Kenema ont désormais la capacité d'accueillir des patients venants d'autres régions. « Nous avons fait le même constat à Guéckédou en Guinée - la stratégie fonctionne donc et il suffit de la suivre partout où nous pouvons », a expliqué le Chef de la MINUAUCE.

M. Banbury était samedi en Guinée et a visité Guéckédou. Les experts pensent que c'est là que l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest a démarré. Le chef de la MINUAUCE a dit que même s'il y avait désormais « pratiquement zéro » cas dans la ville, la difficulté est de reproduire cette stratégie pour vaincre la maladie à travers le pays et dans la région.

Selon M. Banbury, il est urgent de mettre en place la stratégie à Port Loko, en Sierra Leone, puisque l'épidémie est virulente avec des nouveaux cas tous les jours. La capacité des structures locales est submergée et il n'y a pas suffisamment de lits pour accueillir les patients.

« Il y a un centre de santé avec une capacité de 64 lits qui accueille actuellement plus de 100 patients. Cette situation est dangereuse pour le personnel de santé, et nous devons rapidement apporter des ressources pour renforcer les capacités à Port Loko », a dit M. Banbury.

« Un des grands problèmes est que nous ne disposons pas de partenaires pour faire fonctionner les centres de soins. Nous avons besoin des ONG pour nous aider à faire fonctionner les installations. Nous mettons en place les capacités logistiques, nous construisons des centres de soins, nous fournissons les équipements et autres choses nécessaires », a-t-il souligné, en ajoutant que le nombre de patients dépasse déjà les capacités.

Une des conséquences les plus troublantes de la pénurie de lits de malades est que, dans certaines communautés, les habitants commencent à utiliser les écoles pour héberger les patients.

« Il est impossible d'effectuer des tests et des examens des patients dans les écoles, donc nous ne savons pas qui est infecté par Ebola – et cela pose un risque considérable pour les patients qui ne l'ont pas, et un risque pour la communauté locale, les gens qui essayent de prendre soin des patients », a indiqué le chef de la MINUAUCE.

« Nous avons besoin d'installations appropriées, y compris d'établissements de soins communautaires, afin de contrôler cette maladie. Donc actuellement, une préoccupation majeure est le manque de partenaires sur le terrain », a-t-il souligné.

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé lundi qu'il prévoyait de renforcer le nombre de ses employés dans les pays les plus affectés par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

Pour sa part, la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr. Margaret Chan a attribué le manque de recherche sur les médicaments et vaccins contre le virus Ebola au fait que la maladie a toujours été confinée aux pays pauvres d'Afrique.

« Une industrie pharmaceutique à but lucratif n'investit pas dans les produits destinés aux marchés qui n'ont pas beaucoup de moyens », a expliqué Mme Chan, lors d'une réunion au Comité régional pour l'Afrique, qui a eu lieu à Cotonou, au Bénin.


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