Ebola : l’ONU s'oppose aux restrictions imposées au personnel soignant qui rentre des pays affectés

Un employé de l’OMS vérifie la température d’une voyageuse à l’aéroport de Lugin, à Freetown, en Sierra Leone, en septembre 2014. Photo OMS Sierra Leone

27 octobre 2014 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exprimé lundi sa préoccupation concernant les restrictions, mises en place récemment dans plusieurs pays et localités, qui s'appliquent aux personnes ayant voyagé dans les principaux pays affectés par Ebola.

« Le Secrétaire général considère que ces restrictions exercent une pression particulière sur le personnel soignant et sur ceux qui sont en première ligne de la riposte à Ebola », a indiqué le porte-parole de M. Ban dans un communiqué de presse. « Ces agents de santé qui rentrent chez eux sont des individus exceptionnels qui se mettent au service de l'humanité ».

« Ils ne devraient pas être soumis à des restrictions qui ne sont pas fondées sur la science. Ceux qui développent des infections devraient être appuyés et pas stigmatisés », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a souligné que la meilleure façon pour les pays de se protéger contre Ebola est d'arrêter l'épidémie à sa source en Afrique de l'Ouest. Cela exige un appui international considérable des agents de santé que nous avons, en retour, l'obligation de protéger.

De son côté, le Chef de la Mission des Nations Unies pour l'action d'urgence contre Ebola (MINUAUCE), Anthony Banbury, a annoncé dimanche que suite à des consultations avec les présidents de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone sur le soutien de la communauté internationale pour face à la crise de l'Ébola, un cadre opérationnel pour l'aide internationale pourrait être adopté pour mieux soutenir les efforts nationaux en cours.

Vendredi, M. Banbury a rencontré le avec la Présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf et plus tôt dans la semaine, il a rencontré le Président de la Guinée, Alpha Condé, et le Président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma.

Ce cadre servira de guide pour toutes les agences onusiennes et constituera une base pour les agences chargées de gérer les opérations avec leurs partenaires nationaux pour coordonner le soutien international dans la mise en œuvre des plans d'intervention nationaux.

Le cadre est basé sur une approche régionale, avec une appropriation nationale soutenue par l'ONU. Pour cela, il est important que les gouvernements des pays affectés sachent ce qu'ils peuvent attendre de l'ONU. De son côté, le système des Nations Unies s'engage à assurer une une approche commune qui prend en compte les besoins spécifiques de chaque pays.

Le cadre établit le processus étape par étape sur la façon dont l'ONU et ses partenaires internationaux pourraient soutenir les trois gouvernements dans la réalisation de l'objectif principal de stopper la propagation de l'Ebola et d'éradiquer la maladie. La première étape est d'assurer qu'au moins 70% des cas d'Ebola sont traités et que 70% des personnes décédées de la maladie soient enterrées dans le respect des consignes de sécurité d'ici le 1 décembre.

Le cadre opérationnel de l'aide internationale pour les plans d'intervention nationales, qui a été établit en concertation avec les autorités de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, seront mis à jour régulièrement avec les parties prenantes concernées.

Lors des réunions, M. Banbury a également eu l'occasion de s'entretenir avec les autorités des pays concernés pour mieux évaluer la situation actuelle dans chaque pays, afin d'assurer que les ressources de la MINAUCE sont distribués le mieux possible selon les besoins et la situation actuelle sur le terrain.

« Tout ce que vu et entendu au cours de mes entretiens avec les dirigeants de chaque pays et de mes visites dans les installations médicales mises en place pour les victimes d'Ebola, me porte à croire que nous sommes sur la bonne voie », a déclaré M. Banbury à son retour au siège de la MINAUCE au Ghana. « Nous sommes uni et nous poursuivons tous le même objectif ».

« Nous n'avons pas de temps à perdre, et il est nécessaire d'agir rapidement avec l'aide de la communauté internationale pour fournir plus de fournitures médicales aux travailleurs de la santé dans les trois pays », a-t-il ajouté. « C'est la seule façon d'arrêter la propagation du virus d'Ebola, et c'est comme cela que nous permettrons aux peuples de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone à vivre sans crainte de ce virus mortel ».


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