Ebola : les femmes paient un lourd tribut, selon ONU-Femmes

Deux sages-femmes portant des équipements de protection contre Ebola s’occupent d’une mère avec son nouveau-né dans une clinique à Monrovia, au Libéria. Photo FNUAP Liberia

3 septembre 2014 – Alors que l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest a été qualifiée d'urgence de santé publique internationale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes sont particulièrement touchées par cette maladie et représentent la majorité des agents de santé morts du virus, a souligné mercredi ONU-Femmes.

Selon les autorités au Libéria, les femmes représentent près de 75% des décès dus à Ebola, tandis que des sources des Nations Unies en Sierra Leone indiquent que les femmes représentent environ 59% des décès, a ajouté ONU-Femmes dans un communiqué de presse.

Alors qu'Ebola se propage par les fluides corporels et que le personnel médical est confronté à un risque accru de contracter le virus, les femmes sont en première ligne pour fournir des soins. En outre, certaines pratiques traditionnelles et les rituels habituellement effectués par les femmes sur le défunt peuvent accroître le risque de transmission.

« Pourtant, en dépit de ces preuves que les femmes sont particulièrement à risque, il n'y a pas d'informations et de services de proximité ciblant spécifiquement les femmes. Toute plan de lutte contre le virus Ebola devrait répondre aux besoins des femmes et exploiter leur rôle en tant que soignantes et leaders communautaires », note ONU-Femmes.

Selon la porte-parole de l'OMS au Libéria, Maricel Seeger, il est essentiel que les femmes aient des connaissances pour lutter contre la propagation du virus, car elles jouent un rôle important en tant qu'« informatrices au sein de leur communauté. »

Selon ONU-Femmes, la communauté internationale, les gouvernements et les autres parties prenantes devraient se concentrer sur les femmes qui ont un rôle central à jouer dans le partage des connaissances, la sensibilisation et l'amélioration des soins.

« Nous devons accorder plus d'attention aux besoins des femmes qui souffrent de cette épidémie. Tirer parti du rôle que jouent les femmes est essentiel pour contenir cette épidémie », a dit la Directrice exécutive adjointe d'ONU-Femmes, Lakshmi Puri.

Dans les pays touchés par le virus Ebola, ONU-Femmes va travailler en étroite collaboration avec l'équipe-pays des Nations Unies et d'autres agences.

ONU-Femmes va en particulier mobiliser et éduquer les femmes pour aider à freiner la propagation du virus dans la région et en particulier dans les zones rurales. Au Libéria, au Nigéria et en Sierra Leone, elle soutiendra les efforts de sensibilisation, produisant des matériaux pertinents dans les langues locales. Elle continuera à soutenir des dialogues communautaires radiophoniques pour les femmes, les hommes et les jeunes afin de lutter contre les informations erronées concernant Ebola.

Au Libéria, ONU-Femmes travaille au sein de l'équipe-pays des Nations Unies et participe à des initiatives visant à renforcer les capacités des femmes et des communautés à créer des réseaux ruraux pour les familles touchées par le virus, à offrir un soutien psycho-social et à faciliter le dialogue et la réintégration des familles.


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